CECI N'EST PAS UN BLOGUE

Faites ce que je dis, faites pas ce que je fais

Je n’écris pratiquement plus sur mon blogue. Manque d’inspiration, page blanche, ce que vous voulez… Je le garde actif parce que je me dis que ça peut toujours revenir n’importe quand, et surtout parce que c’est un excellent moyen de se défouler. Chaque fois que j’écris un texte et que je regarde les statistiques, je n’en reviens pas de la quantité de personnes qui me lisent. Alors premièrement, merci d’être là! Et deuxièmement, j’ai envie de vous raconter ma fin de semaine.

C’est l’histoire d’un gars en chaise roulante (moi) qui s’en va manger avec ses parents et sa soeur dans un resto de l’avenue Mont-Royal. Ça fait trois ans et demi que j’habite sur le Plateau, et c’est un trajet que j’ai fait des centaines de fois. Ce jour-là, j’ai un bref moment d’inattention. Ma chaise roule dans un nid de poule, bascule vers l’avant, et je tombe tête première sur le trottoir. Par réflexe, j’ai le temps de me retenir avec mes mains pour éviter que le choc soit trop violent. Mais je suis attaché et ma chaise est accrochée après moi. La première chose que je dis à mes parents, c’est « Détachez-moi!!!! » pour enlever la chaise.

Parenthèse.

C’est la quatrième fois que je bascule vers l’avant avec une chaise roulante. À chaque fois, j’étais attaché et je me suis toujours dit que si ça n’avait pas été le cas, je me serais sûrement moins blessé. Les compagnies qui fabriquent les chaises conçoivent des roues trop petites à l’avant, ce qui augmente automatiquement les chances de basculer à cause d’un petit obstacle. La vigilance est de mise, sans quoi vous vous retrouvez à écrire des anecdotes comme celle-ci sur votre blogue.

Fin de la parenthèse.

Mon père me détache de ma chaise et je suis assis sur le trottoir. J’ai mal au pied. Pas juste un peu. Ma tolérance à la douleur est quand même très forte étant donné que j’ai eu au-dessus de 150 fractures dans ma vie (demandez-moi pas le chiffre exact, j’ai arrêté de compter). Mais là, c’est la première fois que c’est sur le dessus du pied. Pour vous donner une idée, imaginez que vous vous cognez le petit nerf sensible du coude. Sauf que là, le nerf fait 2 pouces de large et 5 pouces de long. Et… ça… ne… passe… pas…

On mange au restaurant. Je vous fais pas un dessin de la grimace de douleur que j’ai dans la face tout le long. Et c’est là que LA question se pose : « veux-tu aller à l’hôpital? » Je sais pas quoi répondre. Mon premier feeling, étant donné mon expérience en la matière, c’est que mon pied n’est pas cassé. Mais je me suis déjà trompé, alors j’ai un doute.

Alors faites ce que je dis, faites pas ce que j’ai fait. Si ça vous arrive, allez à l’hôpital. J’y ai pas été, et voici pourquoi.

Chaque fois que je vais à l’urgence, je suis confronté au fait que ma maladie est tellement rare, que personne ou presque ne la connait. Les rayons-X sont plus difficiles à lire, ce qui veut dire que l’urgentologue de service voudra par défaut l’avis d’un spécialiste, qui n’est pas toujours là ou qui est dans une salle de chirurgie en train d’opérer un autre patient. Au moment de mon accident, on est un dimanche d’une fin de semaine de trois jours et le lundi est férié. Bref, si je vais à l’urgence pour une blessure orthopédique (donc considérée comme non-urgente), je m’expose à plusieurs (et quand je dis plusieurs, j’estime entre 24 à 36) heures d’attente considérant que le médecin spécialiste de qui l’urgentologue voudra l’avis est probablement en train d’ouvrir sa piscine dans son chalet à Tremblant. Tant qu’à attendre, aussi bien attendre chez moi en me disant : « si c’est encore comme ça mardi, j’irai à l’hôpital ».

Pour une raison que j’ignore, mon esprit est capable de faire abstraction de la douleur quand vient le temps de dormir. Ma tête part ailleurs, mes yeux se ferment. J’ai encore mal, mais ça fait partie de moi alors je deal avec.

Lundi.

Mon pied a enflé au point de doubler de volume. Je mets de la glace, je m’ouvre une bière, je mets ma bière sur mon pied. C’est décidé, mardi, je vais à l’hôpital. Ça fait mal en petit Jésus (pour ne pas dire que ça fait mal en criss…)

Mardi.

En me réveillant, je suis un peu sous le choc. Mon pied est encore aussi gros que celui d’un sumo, mais la douleur est passée de 11 sur 10 à 1 sur 10 pendant la nuit. Alors je décide d’attendre et de ne pas aller me taper des heures à l’urgence pour possiblement me faire dire que je n’ai rien. Je mets de la glace, je me rouvre une autre bière, je la mets encore sur mon pied.

Mercredi. (Aujourd’hui)

Mon pied est toujours aussi gros, mais j’ai de moins en moins mal. Mon feeling, c’est que j’ai une entorse avec possiblement une fracture sur le dessus du pied. Mais je n’irai pas à l’hôpital pour ça, parce que de toute façon, c’est un endroit qui ne s’immobilise pas. Exactement ce pourquoi je ne vais plus à l’hôpital non plus pour une fracture de côte. Je vais probablement me faire taper sur les doigts par mes amis qui travaillent dans le milieu de la santé, et c’est précisément pour ça que je vous dit de ne pas faire ce que j’ai fait, surtout si vous ne connaissez pas votre corps suffisamment.

Au final, je sais que je vais être correct. Vrai, j’ai pas été chanceux pour avoir la maladie que j’ai. Mais ce que je trouve le plus fâchant dans toute cette histoire, c’est que je me sens encore moins chanceux de m’être planté dans un nid de poule sur Mont-Royal dans un quartier des plus touristiques alors que les trottoirs ont l’air d’être ceux d’un pays en guerre.

Quand j’étais par terre sur le trottoir et que les passants s’arrêtaient, ils ne voyaient pas un gars en chaise roulante qui s’était planté. Ils disaient : « Même nous, quand on marche, on a de la misère à éviter les trous pour pas tomber ». Je suis prêt à vivre avec ma malchance en ce qui concerne ma maladie. Mais ça serait quand même un peu l’fun que nos élus soient plus responsables en ce qui concerne la sécurité de leurs citoyens.

Et je vous parle même pas de l’entretien en hiver…

Advertisements

L’ère de la dépossession

Netflix. Shomi. Apple Music. Spotify. Etc. Tous fonctionnent sous le même principe, celui de l’abonnement à la bibliothèque. Pour 10$ par mois, tu as accès à tout, mais tu ne possèdes rien. Bref, la solution qu’on a trouvé pour contrer le piratage, c’est de déposséder l’utilisateur du contenu qu’on ne veut pas qu’il pirate.

Aujourd’hui, je regardais mon appartement et je me demandais : « qu’est-ce qui m’appartient exactement » ? J’ai une petite bibliothèque avec des livres et des DVD, ce qui permet de faire une approximation de mon âge. Je pense que je n’ai même pas de Blu-Ray. Et c’est pas en étant abonné à Netflix que je vais acheter plus souvent! Je vais acheter moins, mais lorsque j’achèterai, ce serai pour « posséder » et  non seulement pour « louer » 

Cette tendance de « dépossession » dépasse largement les industries culturelles : Uber. Car2Go. Bixi. Est-ce qu’une compagnie aérienne a déjà pensé offrir ce genre d’abonnement? Si ce n’est pas encore fait, ça ne saurait tarder.

Ce qui est frappant, c’est de constater comment cette tendance de la dépossession a explosé aussi rapidement. Ça en dit long sur nos comportements de société, et surtout sur la manière dont les entreprises souhaitent garder main mise sur leur contenu tout en fidélisant leur clientèle.

D’un autre côté, ce qui inquiète, c’est n’est pas tant la progression de la tendance à court terme, mais plutôt comment elle se matérialisera chez les plus jeunes : ceux qui vont grandir avec cette mentalité de « dépossession ». Les supports physiques sont à 2 doigts de se retrouver dans les musées. Nos enfants possèderont-ils encore quelque chose à part leur téléphone intelligent?

Et enfin, le plus grand piège dans cet univers de dépossession, c’est la médiocrité. Avec les changements de comportements des consommateurs viennent les changements de mentalités des créateurs. Le jour où tous les contenus se fonderont dans une bibliothèque virtuelle démesurée, quelle place laissera-t-on au contenu de qualité dans un océan de produits où il sera de plus en plus difficile de faire sa place?

On pourrait spéculer longtemps sur l’avenir, mais je crois fermement qu’il y a au moins une chose qui ne changera jamais : les gens seront toujours prêts à payer pour posséder un produit de qualité. Et ça, espérons que les compagnies et startups de ce monde ne vont pas l’oublier à l’heure où on nous dépossède de plus en plus!

Histoires de gants

J’ai le goût de me partir une compagnie de gants. Vous allez me dire : « Coudonc Michel, qu’est-ce que t’as fumé? »

Les gants, j’en fais une obsession. À cause de la chaise roulante. Et pas juste parce que j’en perds au moins une paire par année. Parce que les gants parfaits pour rouler sur la rue, ils n’existent tout simplement pas.

L’été, c’est généralement des gants de vélo. Avec le plus de « grip » possible. Le top reste encore les gants de moto-marine, parce qu’ils se rattachent plus haut sur les poignets, donc ils ne glissent pas quand il faut freiner dans une côte. Mais à cause de l’usure, j’en passe au moins une paire (ça, c’est quand j’en perds pas un ou les deux) par été.

L’hiver, c’est plus compliqué.

Maudit hiver de marde.

Trouver des gants chauds et surtout, avec assez de « grip », c’est impossible. J’ai tout essayé : les gants de cuir, les gants de ski, name it! Un gant mouillé te fait perdre toute la poigne sur la roue et tu dépenses quatre fois plus d’énergie à te propulser. Huit fois plus si on compte la résistance de la neige sur les trottoirs du Plateau.

Maudit Plateau de marde.

Les maudits gants d’hiver. J’en ai cherché, j’en ai essayé, j’en ai même acheté une paire à 60$ en me fiant à mon essai « en magasin ». Mais une fois dans la neige, ça a pas pris 30 secondes que je forçais comme un con pour avancer.

Et puis le mois passé, je m’en vais au Dollarama pour acheter des décorations de Noël cheapettes. Ça devait faire deux ans que j’étais pas rentré dans un Dollarama. Je me dis que tant qu’à être là, je vais faire le tour. Et devinez quoi? Je trouve des gants!!! Des gants de travail en caoutchouc ben cheap à 1,50$ la paire. J’essaie en magasin pour le fun, et je me rends compte que j’ai jamais eu autant de « grip » que ça ever!!!!! Je capote. Je viens de trouver une paire à même pas 2$ qui fait mieux sa job qu’une paire à 60$. Son seul défaut? La paire est pas très chaude. Je me dis : « C’est pas grave, je mettrai une paire de gants d’automne en dessous pis that’s it ».

À la caisse, je suis fou comme de la marde à l’idée d’essayer mes gants, alors je demande à la caissière si elle peut m’enlever l’étiquette pour pouvoir les mettre sur le champ.

Dehors, c’est la magie! J’ai jamais aussi bien roulé qu’avec ces gants-là. J’ai le goût de mes les faire greffer dans la peau de la main pour pu jamais avoir de corne, pu jamais avoir à me saucer dans de la crème hydratante.

Ça, c’était en décembre. On est en janvier.

Mon combo « gants d’automne / gants du Dollarama » fonctionne numéro un depuis un mois. En même temps, je limite mes déplacements et je m’en vais jamais vraiment plus loin que le dépanneur au coin de la rue. 

Hier soir (21 janvier), je reviens du théâtre. J’ai environ 800 mètres à faire pour rentrer chez nous. Mais 800 mètres de trottoirs du Plateau en chaise roulante et en hiver, c’est un peu comme escalader l’Everest pas de jambes : tu dois être fait fort des bras en criss! Je me dis que c’est pas grave, que j’ai les gants parfaits pour faire la job!

Erreur.

J’ai dit erreur?

Erreur monumentale. Magistrale. Démagogique. Ridicule. Digne du dictionnaire catholique au grand complet.

Après deux rues, non seulement j’avais pu de « grip », mais la neige rentrait par le dessus de mes gants et l’intérieur s’est mouillé comme le Titanic en train de couler. Je sais pas comment j’ai fait pour rentrer chez moi. Je sentais pu mes mains. En arrivant dans mon appartement, je suis descendu de ma chaise et j’ai été faire couler de l’eau brûlante dans le bain pendant cinq minutes pour passer mes mains en dessous. C’était ça ou l’amputation.

La bonne nouvelle, c’est que comme j’ai pas de secrétaire, vous savez que c’est bien moi qui est en train d’écrire ce texte, ce qui veut dire que j’ai encore mes mains aujourd’hui.

Tout ça pour dire que les gants parfaits, ils n’existent pas, alors j’ai vraiment le goût de les inventer et de me partir une compagnie de gants.

Alors watchez-vous ben les dragons, je m’en viens! Pis ça sera pas avec des gants blancs!

Les médecins spécialistes, l’impôt et moi

Quand j’étais au CÉGEP, un de mes premiers emplois à vie a été de faire de la saisie de données de rapports d’impôts pour Revenu Québec. Parce que oui, il y a encore des gens qui font leur déclaration sur papier. C’était horrible. De soir, dans une salle commune de l’édifice Marly à Québec (pour ceux qui savent de quoi je parle), à entendre les claviers à l’infini. J’aurais pu devenir fou, mais j’en ai seulement fait une tendinite.

Je vous entends me dire : « Oui, mais Michel, pourquoi t’écoutais pas de la musique? ». On pouvait seulement écouter de la musique quand nos statistiques atteignaient un certain seuil sans faire d’erreurs. Ça a pris quelques temps avant qu’on m’autorise à mettre du Pink Floyd dans mon vieux « discman ».

Les rapports d’impôts, c’est assez simple. Une fois que les chiffres sont entrés, si ça balance, le chèque part dans le courrier automatiquement. La vérification se fait après, si vérification il y a. Car oui, à moins d’anomalies, les vérifications sont aléatoires.

Plusieurs années plus tard, j’ai pris un cours sur la fiscalité du travailleur autonome en cinéma et télévision. Le comptable qui nous enseignait nous a dit très clairement : « ceux qui vous disent que vous pouvez déduire X, Y, Z, c’est pas parce qu’ils ont raison, c’est juste parce qu’ils se sont pas fait pogner! » Ça a confirmé ce que je savais déjà. Sauf anomalies, les vérifications sont aléatoires.

Ce qui me mène à aujourd’hui.

Je dois 156$ à l’impôt. Cette année, j’ai eu la brillante idée de faire mon rapport d’impôt moi-même pour la première fois. Et j’ai fait une erreur dedans. Une niaiserie d’assurance médicaments.

Sauf que Revenu Québec, ils ont pas vraiment le sens d’humour. Quand ils décident que tu leur dois de l’argent, tu leur dois de l’argent. Au départ, j’ai reçu une belle grande lettre qui disait que je leur devais 600$. Je savais que c’était faux. J’avais peut-être fait une erreur, mais pas à ce point-là. Mais ce qui est stressant dans leur lettre, c’est pas le montant. C’est la mention qui précise que si tu ne donnes pas de réponse dans les 21 jours, ils prennent pour acquis que tu leur dois ce qu’ils te disent et tu n’as plus aucun recours.

Preuves à l’appui, le montant est descendu à 156$. Et l’ironie dans tout ça, c’est que l’employé de Revenu Québec a probablement été payé pas mal plus que 156$ juste pour travailler sur mon dossier.

Ce qui me mène à ceci : comment Philippe Couillard peut-il dire qu’il est impossible de récupérer les sommes payées en trop aux médecins spécialistes? Qu’est-ce qui empêche Revenu Québec de mettre ses méthodes au service de la RAMQ? Pour une fois, ne pourrait-on pas rendre ces vérifications « aléatoires » sur le revenu plus ciblées?

Je vais les payer, les 156$. Je les dois à la collectivité, même si mon erreur a finalement probablement couté plus cher à l’état que mon remboursement. Mais pourrait-on mettre les compétences de vérificateurs comme celui qui s’est obstiné sur mon cas au service de dossiers sur lesquels ont s’est pas mal plus fait avoir comme société?

Je pose la question. Voilà.

Ma critique de « Spectre »

Juste pour le plaisir (et parce que je suis dans l’autobus Québec-Montréal et que j’ai du temps à tuer), j’ai envie de vous faire ma critique de Spectre, le nouveau James Bond.

Spectre débute à la fin de Skyfall. Bond, désavoué par son agence, doit partir secrètement en mission afin de prouver qu’à l’ère des communications et des services de renseignements du 21e siècle, il est encore tout à fait pertinent d’être un tueur en série alcoolique et macho. Sur sa route, il croisera Monica Bellucci en insipide veuve (dont on découvrira qu’elle portait des sous-vêtements sexys le jour des funérailles de son mari « en cas que »), ainsi que Léa Seydoux, une multiple docteur en whatever, et spécialiste des armes à feux qui aime bien avoir du sexe après une éreintante bataille et ce, sans même soigner ses blessures ou encore prendre une douche. Bond et Swan (Seydoux) partent à la recherche de Chris Waltz, dont le réel exploit ici reste de ne pas jouer comme dans ses films avec Tarantino.

Bon, là vous allez vous dire : « Ouain, ça part bien… » Pourtant, j’ai bien aimé Spectre! Pour vrai!!! Mais… OK, il faut y mettre un bémol. Dans la foulée de cette méga-production de 300 millions de dollars de budget, il faut au final prendre le film pour ce qu’il est, et non pas pour ce qu’on essaie de nous faire croire qu’il est.

Si on prend Spectre seul dans toute la série des 007, il demeure un très bon film. Le problème, c’est qu’on nous l’a vendu comme l’aboutissement des trois films précédents. Et là, c’est tout à fait raté. Pourquoi? Parce que les scénaristes tentent de boucler une boucle qui n’a tout simplement jamais été ouverte. Spectre ne donne même pas envie de revoir les trois précédents pour en faire une relecture suite à cette « conclusion ». Les scénaristes se sont un perdus dans leur powertrip de vouloir tout mettre dans un même film avec comme fausse bonne idée de clôturer une tétralogie qui n’en n’est pas réellement une.

Dans l’ensemble, Spectre reste fidèle à la recette des James Bond et demeure un film très divertissant si on le prend tel qu’il est, sans penser à ce qui est venu avant. À 2h30, il aurait pu être resserré légèrement. Pour ce qui est de la direction photo et du montage, on est dans les codes du genre, tout simplement. Dernier détail, il m’a semblé que certains effets visuels auraient pu être encore un peu travaillés. Mais croyez-moi, c’était pas pour rentrer dans la saison des oscars qu’on l’a sorti comme prévu en Novembre.

En rafale :

On a beaucoup reproché à Monica Bellucci de ne pas parler de son personnage en entrevue. Avec du recul, force est d’admettre que c’est parce qu’il n’y avait tout simplement rien à dire.

Certaines scènes en Autriche (AKA la poursuite entre un avion et des VUS) utilise des véhicules immatriculés en Suisse.

Malgré ses 2,9 millions d’habitants, il est bon de savoir qu’il n’y a pas une voiture qui circule la nuit à Rome. Ça en fait la ville idéale pour une poursuite avec de luxueuses voitures de course.

L’agent 009 a des goûts musicaux de merde. (Ceux qui ont vu le film vont comprendre)

PS : Je donne un gros 0/10 à Cineplex pour la dégueulasse copie (que je soupçonne être du) 2K avec en prime des pixels gros comme mon pouce et un énorme « aliasing » clairement visible sur tous les titres des génériques. Vrai, la copie ne se détériore pas, mais tant qu’à ne pas avoir des projecteurs numériques de qualité suffisante pour la grosseur des écrans, ramenez-nous donc du bon vieux 35mm! J’aime mieux voir des scratches que des pixels.

USPP et les propos controversés

Aujourd’hui, je ressuscite Ceci n’est pas un blogue après plusieurs mois de pause, car j’avais envie de vous donner mon point de vue sur l’affaire d’Un souper presque parfait.

Pour ceux qui vivaient sur une autre planète depuis quelques jours, une candidate d’USPP a affirmé des propos controversés lors de l’émission prétendant que les handicapés n’ont pas leur place dans la société. S’en est suivie une vague de plaintes sur la page Facebook de l’émission. André Ducharme a défendu la décision de diffuser les propos de la participante en affirmant que de les cacher serait bien pire, et qu’il s’agissait du discours d’une participante majeure et vaccinée, et non des propos de l’émission. Depuis, la vague de plaintes a eu raison du montage. Le producteur et le diffuseur V ont annoncé que l’émission ne serait plus rediffusée tant que les propos n’avaient pas été retirés du montage.

Bon, pour ceux qui ne me connaissent pas personnellement et qui viennent de tomber sur ce texte, sachez que je suis moi-même handicapé de naissance. Par contre, ce n’est pas sur la stupidité des propos de la candidate que j’ai envie de m’étendre aujourd’hui. Il se trouve que je travaille en télé comme monteur et que j’ai eu moi aussi à me poser des centaines de fois LA question : « est-ce que je garde ça dans l’émission? »

Alors voilà. Je m’imagine facilement la situation où j’aurais pu me retrouver dans la salle de montage pour monter cette émission tout en étant confronté à des tels propos aussi blessants qu’ils puissent l’être personnellement. Et si cela avait été le cas, j’aurais dit à mon réalisateur : « je pense qu’on devrait couper ça du show ».

L’erreur dans toute cette histoire, c’est n’est pas d’avoir diffusé un propos controversé, mais d’avoir mal évalué le contexte pour le faire. Prenez exactement les mêmes phrases prononcées de la même manière, mais mettez-les dans la bouche d’un invité de Tout le monde en parle, ou encore dans un documentaire à RDI, et vous n’aurez pas cette vague de plaintes. En allumant leur télévision pour écouter USPP, les téléspectateurs n’avaient qu’une idée en tête : être divertis. Ils n’étaient pas prêts psychologiquement à être choqués en regardant une émission dont ce n’est pas le rôle de toute façon. En décidant de diffuser les propos de la candidate, l’émission s’est accidentellement appropriée un mandat qui n’est pas le sien, qui n’est pas ce qu’elle avait vendue comme « émotion » aux spectateurs. Alors voilà, je crois que c’est une erreur éditoriale d’abord et avant tout reliée au mandat de l’émission, et non directement liée aux propos de la candidate, même si ces derniers sont complètement stupides.

Est-ce qu’on devrait diffuser de tels propos à la télévision? Oui. Dans ce genre de contexte? Non. Et je n’appelle même pas ça de la censure. C’est simplement un choix éditorial de contenu qui doit s’appuyer sur le mandat de l’émission, comme cela se fait tous les jours dans toutes les salles de montage de la planète.

Je salue la décision du producteur et du diffuseur d’être revenu en arrière et de couper les propos de l’émission.

Mon plus beau souvenir des Nordiques

Vingt ans aujourd’hui que les Nordiques sont déménagés au Colorado. J’avais dix ans. J’ai tellement pleuré leur départ. Si le petit gars que j’étais à l’époque savait que je prends pour le Canadien aujourd’hui, il pleurerait tout autant et il essaierait probablement de me frapper. Mais, bon, il n’en serait pas capable étant donné que je suis rendu pas mal plus fort que lui…

Les Nordiques, c’était ma vie! Je me souviens d’avoir vu Jaromir Jagr (le même qui joue encore aujourd’hui) du fin fond des blancs du Colisée, d’avoir vu Joe Sakic déjouer Tom Barrasso lors de cette même partie, d’avoir assisté à un match pour ma fête au cours duquel Éric Lindros s’est fait lancer des suces de bébé, et je me souviens de mon premier match à vie contre les Sénateurs d’Ottawa et de la fameuse casquette des séries 93. J’étais en troisième année de primaire et j’avais même écrit un livre qui racontait la partie. Oui oui, rien de moins!

En 1995, quelques mois avant leur dernière élimination (suite à une mauvaise décision de l’arbitre Andy Van Hellemond d’après un jeu simulé d’une certaine recrue nommée Alex Kovalev), les Nordiques ont participé à une séance de signatures au centre commercial les Galeries de la Capitale. Du haut de mes dix ans, je m’y suis rendu avec ma mère.

La foule était monstrueuse. Un agent de sécurité nous a vus moi et ma mère et nous a ouvert le chemin jusqu’au cordon avant afin que je sois au premières loges lors de l’annonce de l’arrivée des joueurs. Curtis Leschyshyn m’a même fait même un « high five » en passant à côté de moi!

Puis, la séance de signature a débutée et il fallait se frayer un chemin au travers des files d’attente interminables. L’agent de sécurité est revenu et nous a dit : « Suivez-moi! » Il m’a fait passer derrière la table des joueurs de manière à ce que je puisses aller cogner sur l’épaule de chacun d’entre-eux pour avoir leur autographe. Ça reste mon plus beau souvenir des Nordiques, de pouvoir tous les rencontrer un à un!

Lorsque je suis arrivé à côté de Joe Sakic, les flashs se sont mis à fuser de partout. Le lendemain, le journal Le Soleil a même publié cette photo en une du cahier des sports : 

JoeSakicEtMoi

En lisant l’article qui témoignait des interminables files d’attente pour obtenir un autographe, on apprenait que les plus chanceux étaient repartis avec quatre ou cinq signatures seulement. Et moi? Je suis probablement le seul à être reparti avec les autographes de tous les joueurs réguliers de la dernière édition des Nordiques de Québec, y compris les entraineurs : Marc Crawford et ses adjoints, des certains Jacques Martin et Joel Quenneville. Bref, cette soirée reste un de mes plus beaux souvenirs d’enfance!

AutographesFINAL

Pas la peine de me faire une offre, ce cadre n’est pas à vendre!

Chaise roulante manuelle 101

L’arrivée du printemps, c’est toujours le moment où je dois me remettre en forme. L’été, je fais 99% de mes déplacements en chaise roulante. Aujourd’hui, ça tombait bien, j’avais besoin d’aller au centre-ville. Ils faisait beau, alors l’occasion était bonne pour y aller à pied (en chaise, je sais, mais je dis à pied pareil, c’est moins compliqué).

J’ai roulé 7,6 km aujourd’hui (d’après Google Maps). Une fois revenu chez moi, j’étais claqué, bien évidemment. Surtout après un hiver d’inactivité. Mais ce qu’il y a de particulier, c’est que j’avais vraiment mal… aux jambes!

Oui, aux jambes! Les bras, ça va. Je suis habitué et plutôt en forme. Mais ce que peu de gens savent, c’est que la chaise roulante est vraiment exigeante pour les jambes. Enfin, pour ceux qui peuvent s’en servir, sans vouloir être méchant.

Nos trottoirs étant parsemés d’obstacles, je me sers constamment de mes jambes pour ramener mon poids vers l’arrière de la chaise lorsque vient le temps d’absorber un choc. Une descente de trottoir, une grosse craque, un nid de poule, peu importe… Tout ça est une question de timing et se calcule généralement en dixièmes de seconde. Je coordonne ma poussée de bras avec ma poussée de jambes de manière à soulever légèrement mon corps vers l’arrière pour absorber le choc au moment voulu et m’éviter d’avoir mal dans le bas du dos. Et étant donné la qualité de nos trottoirs, c’est un geste que je répète assez souvent!

Autre situation fréquente : les côtes. Lorsque je descends une côte, j’utilise toujours la force de mes jambe pour ramener mon poids vers l’arrière de manière à mieux contrôler mon équilibre et éviter les chutes vers l’avant. Ça, c’est sans compter que descendre une côté stimule exactement les avants-bras à l’inverse de ce qu’ils sont habitués de faire. Plutôt que de pousser, il faut retenir. Une simple côte peut devenir tout aussi douloureuse qu’une surface plane pour les bras.

La chaise roulante, c’est du « stop and go ». L’effort est toujours inégal en fonction du terrain, et arrêter signifie automatiquement perdre l’élan et devoir pousser plus fort pour repartir. Côté cardio et endurance physique, c’est aussi efficace et pas mal moins cher qu’un abonnement au gym.

Alors si ça vous dit de vous mettre en forme, je vous invite pour une petite « ride » de chaise roulante cet été! Mais soyez prêts à souffrir des bras… et des jambes!

L’industrie culturelle

Cette semaine, un énième article faisait état de la situation précaire de la Cinémathèque québécoise et des rumeurs de son annexion à la BAnQ. Quelques heures plus tard, au dépôt du budget provincial, cette rumeur allait se concrétiser pour permettre au gouvernement de sauver des peanuts alors qu’au même moment, il diminuait les impôts des entreprises. 

Le milieu de la culture a eu son lot de de coupures au cours des dernières années autant du côté fédéral que provincial. On aura beau dire que la culture est subventionnée, nommez-moi un secteur de l’économie qui ne l’est pas? Un rapport de la Chambre de commerce de Montréal en 2013 estime que pour la région de la métropole seulement, près de 100 000 personnes travaillent dans le milieu culturel et les retombées économiques seraient de huit milliards de dollars. On ne parle pas ici d’un regroupement d’artistes émergents du Plateau, mais bien de la Chambre de commerce!

La culture ratisse large. Parmi les sous-secteurs culturels de ce même rapport, on retrouve aussi bien les promoteurs d’événements comme les festivals que les architectes et les établissements de patrimoine. Et j’en passe!

Mais au fait, qui défend les intérêts des entreprises culturelles au Québec? Après tout, il existe bel et bien un ministère dont c’est le mandat de veiller au rayonnement culturel!

Je suis allé faire un tour sur le site web de l’assemblée nationale pour voir qui avait occupé le poste de ministre de la culture au cours des dernières décennies. Après tout, on mets des médecins à la santé, des économistes et des fiscalistes aux finances, etc. Bon, il est faux de croire que chacun des ministères est occupé par des gens issus du milieu qu’ils représentent. Par contre, dans certains secteurs, cela semble une plus grande priorité. Et la question se pose tout de même : qui a représenté les intérêts culturels (et par déclinaison, identitaires) des québécois au cours des dernières décennies?

La ministre libérale actuelle, Hélène David (la soeur de l’autre et la petite fille du pavillon de l’UQÀM), a un doctorat en psychologie et a enseigné la psychopathologie à l’université de Montréal. Son prédécesseur le temps d’un court mandat, Maka Kotto, est le seul ministre récent a avoir eu une carrière dans le milieu culturel comme comédien. Christine St-Pierre n’en était pas trop éloignée à l’époque où elle était journaliste, mais elle couvrait la politique. Elle représentait beaucoup plus l’aspect « communications » du ministère de la culture et des communications. Il faut remonter à 1998 avec Agnès Maltais (qui a longtemps été dans le milieu du théâtre) pour trouver une autre personne provenant du milieu culturel. Avant elle, il faut revenir à Liza Frulla de 1990 à 1994 à l’époque où le ministère avait la dénomination d’être celui des « affaires culturelles » avant d’être plus tard renommé « de la culture ».

La réalité, c’est que seulement trois des 11 derniers ministres de la culture au cours des 25 dernières années sont issus du milieu culturel. Alors quand vient le temps de faire des compressions, de prendre des décisions, et de défendre la Cinémathèque par surcroît, j’ai beaucoup de difficulté à croire qu’une personne qui n’a pas vécu de l’intérieur les réalités du milieu puisse réellement défendre ses intérêts. À l’heure actuelle, même un médecin ministre de la santé arrive à se mettre à dos ceux qu’il devrait défendre et écouter. Alors pour ce qui est de la culture, on pourrait certainement faire mieux qu’une psy.

La solution ne peut pas passer uniquement par des mouvements de contestation comme ceux auxquels nous assistons présentement. Dans les fait, le milieu culturel est sous-représenté politiquement. Il faudra que davantage de personnalités issues de la culture fassent le saut en politique, et que les travailleurs de l’industrie se positionnent publiquement sur les enjeux qui les concernent eux et leur industrie. Malgré le cynisme, malgré le climat négatif. La représentation d’une industrie passe par la représentation ministérielle. Et il est plus que temps que la culture soit représentée par quelqu’un qui connaît l’industrie qu’elle représente.

Le budget de House of Cards

J’ai terminé la saison 3 de House of Cards la nuit dernière. Ne vous inquiétez pas, je ne révélerai rien du contenu de la série. C’est plutôt de chiffres dont j’ai envie de discuter.

Bien que cette saison soit très bonne (sans être à la hauteur des deux premières selon moi), elle sent un peu trop les coupures dans le budget de la production.

Pour mieux comprendre, revenons d’abord quelque peu en arrière dans le temps.

Quand il a été annoncé que Netflix se lançait dans la production de contenu original avec House of Cards, le chiffre de 100 millions pour les 26 épisodes des deux premières saisons a beaucoup circulé. Ce montant n’a cependant jamais été officiellement confirmé par les producteurs.

Dans un article de Variety, on stipule qu’une source bien au fait du dossier aurait avancé le chiffre de 4,5 millions par épisode. Si on multiplie par 26, cela fait grimper le budget à 117 millions pour les deux premières saisons. Tous ces billets verts, c’est sans compter les rumeurs voulant que David Fincher (réalisateur des deux premiers épisodes de la saison 1 et producteur exécutif de l’ensemble de l’oeuvre) aurait menacé de quitter le projet si on n’arrivait pas à trouver plus d’argent.

Concrètement, ce qui m’amène à croire qu’il y a eu des coupes majeures dans la saison trois, c’est qu’elle sent un peu trop le studio. On y retrouve beaucoup plus de scènes intérieures que dans les deux premières saisons, les mêmes décors reviennent très (trop) souvent, et c’est sans compter les rassemblements politiques qui sont bien modestes en terme de figuration pour un pays axé sur la démesure. On a beaucoup plus l’impression d’être dans un huis-clos politique qu’au coeur de la société américaine.

J’étais curieux de savoir quel avait été le budget de la saison trois. Impossible de trouver une source sur ce sujet à l’heure actuelle. En fouillant sur internet, on retrouve plutôt des articles témoignant d’une intense bataille entre les producteurs et l’État du Maryland concernant les millions en crédit d’impôt reçus par la production. L’état aurait été jusqu’à menacer de saisir les biens de la production si elle quittait pour un autre lieu de tournage. Sans être une confirmation sur l’ensemble des coupes, il s’agit quand même d’un bon indice quant aux probables diminutions du budget.

Cela étant dit, je ne suis pas trop inquiet pour l’avenir de la série. Il paraît impensable qu’elle se termine de cette façon, et Netflix, qui récemment annoncé son intention d’emprunter 1 milliard de dollars pour financer son expansion, attend probablement simplement que le dernier épisode ait été visionné suffisamment avant d’annoncer le renouvellement de la série. 

Sans vouloir spéculer sur la tournure des événements dans une hypothétique quatrième saison, j’ai tout de même l’impression que Frank Underwood ne s’éloignera pas trop de la Maison Blanche. Après tout, tant qu’à avoir payé pour faire construire tous ces somptueux décors (incluant l’intérieur de l’Air Force One), ce serait quand même bien dommage de ne pas les utiliser!