CECI N'EST PAS UN BLOGUE

Catégorie : consommation

L’ère de la dépossession

Netflix. Shomi. Apple Music. Spotify. Etc. Tous fonctionnent sous le même principe, celui de l’abonnement à la bibliothèque. Pour 10$ par mois, tu as accès à tout, mais tu ne possèdes rien. Bref, la solution qu’on a trouvé pour contrer le piratage, c’est de déposséder l’utilisateur du contenu qu’on ne veut pas qu’il pirate.

Aujourd’hui, je regardais mon appartement et je me demandais : « qu’est-ce qui m’appartient exactement » ? J’ai une petite bibliothèque avec des livres et des DVD, ce qui permet de faire une approximation de mon âge. Je pense que je n’ai même pas de Blu-Ray. Et c’est pas en étant abonné à Netflix que je vais acheter plus souvent! Je vais acheter moins, mais lorsque j’achèterai, ce serai pour « posséder » et  non seulement pour « louer » 

Cette tendance de « dépossession » dépasse largement les industries culturelles : Uber. Car2Go. Bixi. Est-ce qu’une compagnie aérienne a déjà pensé offrir ce genre d’abonnement? Si ce n’est pas encore fait, ça ne saurait tarder.

Ce qui est frappant, c’est de constater comment cette tendance de la dépossession a explosé aussi rapidement. Ça en dit long sur nos comportements de société, et surtout sur la manière dont les entreprises souhaitent garder main mise sur leur contenu tout en fidélisant leur clientèle.

D’un autre côté, ce qui inquiète, c’est n’est pas tant la progression de la tendance à court terme, mais plutôt comment elle se matérialisera chez les plus jeunes : ceux qui vont grandir avec cette mentalité de « dépossession ». Les supports physiques sont à 2 doigts de se retrouver dans les musées. Nos enfants possèderont-ils encore quelque chose à part leur téléphone intelligent?

Et enfin, le plus grand piège dans cet univers de dépossession, c’est la médiocrité. Avec les changements de comportements des consommateurs viennent les changements de mentalités des créateurs. Le jour où tous les contenus se fonderont dans une bibliothèque virtuelle démesurée, quelle place laissera-t-on au contenu de qualité dans un océan de produits où il sera de plus en plus difficile de faire sa place?

On pourrait spéculer longtemps sur l’avenir, mais je crois fermement qu’il y a au moins une chose qui ne changera jamais : les gens seront toujours prêts à payer pour posséder un produit de qualité. Et ça, espérons que les compagnies et startups de ce monde ne vont pas l’oublier à l’heure où on nous dépossède de plus en plus!

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Ceci n’est pas un placement de produit

Lors d’un voyage en France au cours de la dernière décennie, celle des années 2000, j’ai jadis acheté une bouteille d’eau sur laquelle on avait écrit des arguments ventant l’ergonomie de la bouteille pour attirer le consommateur. C’est la première fois que j’ai réalisé concrètement que certains produits avaient des arguments de vente qui n’ont absolument rien à voir avec le produit en question. On s’entend que de l’eau, ça reste de l’eau, donc il fallait faire preuve d’imagination et, disons-le, d’un peu de ridicule pour trouver des arguments…

Parlant d’eau, au premier rang de ces produits dont les arguments de vente sont ridicules, un me fascine particulièrement : la mythique Coors Light. Après avoir passé des années à essayer de nous vendre une bière avec comme seul argument qu’elle était froide (faut quand même le faire), voici qu’on tente depuis un certain temps de nous convaincre de l’acheter parce qu’elle vient dans une canette ventilée qui facilite supposément le déversement du fluide en question.

Sincèrement, je trouvais déjà que l’argument de la « bière froide » (avec la canette qui change de couleur) était assez épais, mais je pensais pas qu’ils étaient capable de se battre eux-mêmes en terme de ridicule en nous présentant une canette avec deux trous.

Avez-vous déjà été en possession de cette fameuse canette ventilée? Moi, oui. Je précise que c’est pas moi qui l’avait achetée. Bref, c’est tellement de trouble d’ouvrir le fameux second orifice qui est sensé faciliter l’extraction du divin nectar qu’est cette bière légendaire, que je préfère encore attendre quatre secondes de plus le temps de la verser dans un verre… ou dans ma gorge.

Ce qui me fait penser que si on extrapole, cette fameuse tentative de verser la bière plus vite peut être directement interprétée comme une incitation à la surconsommation et à l’alcoolisme quand on pense à tous ceux qui déversent directement leur bière dans leur gosier! Un peu sous le même principe que le « un verre de lait c’est bien, mais deux c’est mieux ». D’ailleurs, j’en suis toujours pas revenu de celui-là. Méchant argument pour quelqu’un comme moi qui est intolérant au lactose…

Mais revenons-en à la Coors Light. Ce qui m’inquiète le plus dans tout ça, c’est qu’une fois la canette ventilée devenue passée date, il va bien falloir trouver un autre argument pour nous vendre ce fameux fluide pas de goût! Et j’ai vraiment peur de ce que les génies du marketing de Coors vont trouver pour leur prochaine campagne de pub.

C’est pourquoi je préfère encore les devancer et leur donner quelques suggestions d’innovations avec ces quelques idées inspirantes :

  • Faire de Coors Light la bière officielle des chauffeurs désignés. Ça goûte tellement rien pis y’a tellement pas d’alcool que tu peux te taper une 24 sans péter le 0.08! Tant qu’à boire de l’eau, boit quelque chose qui goûte comme de l’eau! Non, mais qui a dit qu’un chauffeur désigné pouvait pas avoir du fun en allant pisser aux dix minutes?
  • Créer la première canette en titane et faire de la Coors Light la première bière anti-balle! T’es dans un gang de rue? Bois de la Coors Light! Si tu te retrouves au milieu d’une fusillade, tu vas pouvoir te protéger avec ta bière!
  • Installer un dispositif d’empreinte digitale sur la canette pour que quelqu’un puisse pas te voler ta bière. Quand le pouce devient bleu, la canette s’ouvre automatiquement et tu peux la boire!
  • Faire des canettes « glow in the dark »!
  • Mettre des photos d’alcooliques disparus sur les canettes.
  • Faire une campagne conjointe avec Vision Mondiale et distribuer de la Coors Light dans les pays où ils ont pas d’eau.
  • Lancer une émission de télé qui s’appelle « Les recettes pas pompettes » où le monde font de la cuisine en buvant de la Coors Light!
  • Choisir Éric Lapointe comme porte-parole.
  • Ou encore mieux!!! Juste faire une bière qui goûte quelque chose…!

Voilà, c’est dit!

Une histoire de steak

Je viens de me faire cuire mon deuxième steak à vie. À 28 ans. Le premier, c’était la semaine dernière… Bon, mieux vaut tard que jamais! Est-ce qu’ils étaient bons? Sérieusement, pour une semaine de premières fois, je me donne pas mal plus que la note de passage!

Mon premier était plutôt médium (alors que je l’aime quand même saigant). Une coupe un peu trop mince, une cuisson un peu trop longue, et voilà le travail. Le deuxième, par contre, ressemblait pas mal plus au drapeau du Québec : bleu! Une coupe plus épaisse, une cuisson un peu moins longue, et voilà le travail encore une fois…

Quand j’ai demandé à mes amis : « comment tu fais cuire ça un steak? », ils m’ont tous ou à peu près dit : « Ben, c’est de l’essai-erreur. Tu vas voir… ». 

Cool! Heureusement qu’on parlait pas de saut en parachute. Ou encore de comment débarquer en Normandie en 1944! C’est pas comme si j’avais peur d’attraper la maladie du hamburger, non plus… Bref, si vous voyez que j’écris plus rien sur mon blogue pendant trois semaines, appelez-moi donc une ambulance!

Mais bon, le steak était quand même pas pire… Un peu trop bleu, mais comestible. Espérons-le! 

Tout ça pour dire que cette expérience m’a ramené à un drôles de phénomène qui a un peu pris de l’ampleur avec les zinterwebs : la honte!

Vous souvenez-vous du truc le plus honteux que vous avez tapé sur google? Moi, ça devait ressembler à : « How to cook Kraft Diner in microwave ». Vous aurez beau rire de moi tant que vous voulez, je sais pas si je serais encore en vie si j’avais pas googlé ça! Et récemment, j’ai donc aussi googlé : « how to cook a steak ».

Bon, je ne vous inviterai pas à manger chez moi tout de suite. Sauf si vous me faites à manger, bien sûr. Mais toujours est-il que sans la honte de « googler » quoi que ce soit, je ne saurais pas comment faire un steak. Ni d’autres affaires d’ailleurs. Mais ça, j’en parlerai pas trop fort parce que ma mère lit mon blogue…

Pas né pour un petit pain à hot-dog

Aujourd’hui, je vous parle d’un sujet dont il n’est pas question dans mon livre : mes talents culinaires. Ou plutôt, mon absence de talent culinaire.

J’ai récemment découvert que les pains à hot-dogs constituent la pire arnaque de l’histoire de l’humanité. Pire que les fraudes pyramidales. Sérieusement, je me sentirais moins coupable d’envoyer de l’argent à un prince africain dont le courriel est allé directement dans mon spam que d’acheter un autre paquet de pains à hot-dogs.

Tout a commencé un soir où je mettais l’une de mes compétences principales au service de mon appétit, c’est à dire la paresse. J’avais envie de manger des hot-dogs, mais je ne voulais pas faire cuire les pains dans une poêle pour une raison très simple. Depuis ma chaise roulante, le rond de poêle arrive approximativement à la hauteur de ma face. Ce n’est pas particulièrement plaisant, ni sécuritaire. Je vous épargne les détails des heures de plaisir que j’ai eu à me préparer un bon spaghatt en manipulant une casserole d’eau bouillante à la hauteur de mes yeux tout en essayant de me diriger avec mes mains.

J’en reviens aux hot-dogs… J’ai eu ce que je pensais être une idée de génie. Je me suis dit : je vais taper sur mes pains à hot-dogs avec un dictionnaire jusqu’à les aplatir assez pour qu’ils entrent dans mon grille-pain. Mes premiers essais ne furent pas particulièrement concluants d’un point de vue esthétique, mais  j’étais prêt à manger mes hot-dogs même s’ils avaient l’air tout droit sortis d’une tranchée de la Première Guerre Mondiale.

En rentrant mon pain écrapouti* dans mon grille-pain, j’ai constaté un deuxième problème : le pain est trop grand pour la fente de mon grille-pain.

Avec comme résultat ceci :

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La cuisson du pain est soudainement devenue beaucoup plus complexe que ce que j’avais imaginé. Je devais changer le pain de côté après un certain temps pour tenter d’avoir une cuisson adéquate. À la sortie finale du grille-pain (une étape de massacre supplémentaire qui aurait bien nécessité une chirurgie de reconstruction au pain), je n’ai pu que constater que la cuisson était loin d’être uniforme.

J’ai mis cet échec sur le dos de mon absence de talent culinaire et j’ai répété l’expérience à quelques reprises afin de perfectionner l’art du hot-dog au grille-pain. Après de multiples essais négatifs, j’en ai malheureusement perdu l’envie de me faire des hot-dogs.

Jusqu’à cette semaine…

En faisant mon épicerie, je me suis retrouvé comme d’habitude dans la section de la boulangerie en repensant à mes deux maigres croûtes de pain tranché qui attendaient de moisir dans mon frigo jusqu’à ce que’elles finissent à la poubelle. Il me fallait du pain. Puis, en voyant les pains à hot-dogs, j’ai eu un flash: « Et si je faisais cuire mes croûtes dans mon grille-pain et que je les pliais autour d’une saucisse à hot-dog? »

Non, mais sérieusement! Qui a dit que ça prenait des pains à hot-dogs pour faire des hot-dogs? C’est la faute de la société de consommation dans laquelle nous vivons si notre cerveau a enregistré comme mécanisme qu’il faut impérativement acheter le pain à la forme appropriée pour se délecter d’un bon vieux roteux.

J’ai acheté un pain tranché bien ordinaire pour faire mes hot-dogs, et c’est là que l’arnaque m’est apparue au grand jour! Un paquet de pain à hot-dogs standard contient six ou huit pains, alors qu’un pain tranché standard contient en moyenne 18 tranches. C’est donc dire qu’avec un pain tranché, vous pouvez faire 10 hot-dogs de plus qu’avec un paquet de pains à hot-dogs. Le résultat en sera tout aussi savoureux et esthétique.

En voici la preuve :

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Avez-vous calculé les économies que cela constitue à l’échelle d’une vie? Tout dépend de la quantité de hot-dogs que vous mangez, bien évidemment, mais voici quelques calculs scientifiques avec comme source fiable un incontournable de l’alimentation québécoise, et j’ai nommé :  le site web d’IGA!

Le paquet de six pains à hot-dogs POM Smart coûte 3,19 $. (53 cennes par hot-dog)

Le pain tranché POM (18 tranches) coûte 3,49 $ (19 cennes par hot-dog)

Imaginez si le casse-croûte du coin, ou même si le centre Bell se mettait à faire ses hot-dogs avec du pain tranché. Il s’agit d’une économie de 34 cennes nette sur chaque hot-dog! Bon, je ne suis pas actuaire, mais selon la quantité de hot-dogs que vous mangez, il m’apparaît plus qu’évident que dans votre vie de tous les jours, cela pourrait faire la différence entre envoyer vos enfants à l’école publique ou à l’école privée!

Quoiqu’en y repensant, un haut taux de consommation de hot-dogs est probablement directement lié au célibat, ce qui diminue fortement les chances d’avoir des enfants.  Bref, il semble clair qu’une étude approfondie s’impose. Mais bon, pour ma part, je n’achèterai plus jamais de pains à hot-dogs…

 

 

*J’ai pris la peine googler écrapouti pour m’assurer que le mot existait vraiment.