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Catégorie : humour

Downtown Ste-Foy

Je suis de Québec et j’adore l’architecture et le design. Je vais donc m’octroyer le droit de commenter le projet d’édifice « Phare » à Ste-Foy.

Un proverbe dit : Des goûts et des couleurs, il ne faut pas discuter. Vrai! Sauf que,…

Sauf que voici…

Je ne suis vraiment pas en désaccord avec l’idée de développer Ste-Foy à l’approche des ponts et d’en faire le nouveau centre-ville. Quand on se promène dans le coin, le dédale de viaducs est aussi beau qu’une sculpture postmoderne faite par un aveugle. Présentement, le seul édifice qui ressort de la silhouette de la ville est un hôtel sur l’avenue Hochelaga et il n’a rien d’un chef-d’oeuvre d’architecture. C’est sans compter l’ancien hôtel-de-ville (qui porte aujourd’hui le nom de son ancienne mairesse) qui est probablement loin d’être un exemple enseigné dans les écoles de design, si ce n’est sous la rubrique Quoi ne pas faire?

Au-delà des laideurs existantes, le choix de design du « Phare » dépasse la simple idée de densifier Ste-Foy. Pensons à long terme. Pensons urbanisme. Pensons vision d’avenir. Pensons à ce qui s’ajoutera aux côtés du Phare. À supposer que Ste-Foy devienne vraiment le nouveau centre-ville, cet édifice n’est que le début. Il est donc de sa responsabilité non seulement de devenir la figure emblématique de cette porte d’entrée de la ville pour les années futures, mais surtout de dicter les règles de base d’une unité urbaine et architecturale qui devra unifier le développement du coin.

Et c’est là où ça devient un peu malaisant.

Le Phare a non seulement l’air d’un doigt avec un gros ongle (et j’ajouterais même d’un doigt d’honneur tout court quand on regarde l’ensemble du complexe d’un certain angle du côté Nord), mais j’ai mal à la simple idée d’imaginer Ste-Foy se développer avec des édifices du même style partout le long du boulevard Laurier. Ou pire encore, qu’il devienne unique en son genre au milieu d’autres gratte-ciels. Comme le dit si bien l’expression : Quand le doigt montre la Lune, l’idiot regarde le doigt!

Plus d’une décennie plus tard, on rit encore du Ameublement Tanguay dans le quartier Les Saules. (Pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, ça se passe par ici.) Peut-on par pitié s’éviter le même sort pour l’édifice dont la vue va nous confirmer qu’on approche des ponts? Et je vous épargne les blagues faciles sur le frigide « Complexe G », et celles sur le nouvel amphithéâtre dont les courbes ressemblent étrangement à celles d’un bassin utilisé dans les hôpitaux quand les patients alités ont besoin de faire un numéro deux. Le Château Frontenac doit commencer à se sentir bien seul!

Je vous laisse avec le lien vers un croquis que le caricaturiste du journal Le Soleil André-Philippe Côté publiait sur sa page Facebook ce matin!

Et n’oublions pas le grand perdant dans tout ça! Celui qui verra son rôle d’entrée dans la ville de Québec relégué au rang de second violon, et j’ai nommé : le Ashton de St-Nicolas…

Mon programme politique pour le Plateau

Dans la liste des choses avec qui j’ai une relation amour / haine, on retrouve les produits laitiers, Star Wars, les postérieurs des gens (étant donné que je me promène toujours à leur hauteur en chaise roulante), et mon quartier : le Plateau.

Mais bon, puisque le nouveau chef du Parti Rhinocéros du Canada est un de mes amis du secondaire, je me suis dit que je pourrais peut-être monter un programme électoral digne de ce nom en cas que. Vous me direz si ça a du sens!

Ce que je propose pour mon quartier?

  • Installer des pancartes indiquant : « Attention à nos hipsters, c’est peut-être le vôtre! »
  • Arrêter le déneigement l’hiver et le remplacer par un service de Bixi en Ski-Doo nommé Bixidoo.
  • Créer un cul-de-sac en séparant les avenues Mont-Royal et Frontenac et installer une pancarte qui dit : « Mont-Cul-De-Sac-Royal ».
  • Renommer tous les sens uniques du quartier avec le même nom. Les rues s’appelleront toutes « Luc-Ferrandez ». (Ce sera beaucoup plus simple de dire à votre taxi que vous allez au coin de Luc-Ferrandez et Luc-Ferrandez.)
  • Les commerces inaccessibles aux personnes à mobilité réduites étant largement majoritaires, cette majorité l’emporte, donc nous forcerons tous les commerces accessibles à ajouter une marche à leur entrée.
  • Augmenter le quota du nombre de centres de yoga de 4 à 7 par distance de 25 mètres.
  • Changer les parcomètres pour des parcocentimètres.
  • Engager des figurants pour faire la file devant le restaurant L’Avenue pendant les heures de fermeture pour que ça ait l’air plein 24h sur 24.
  • Mettre un hôtel de ville sur la rue Hôtel-de-Ville, une grosse roche sur la rue de la Roche, un St-Hubert sur la rue St-Hubert et déménager l’oratoire St-Joseph au coin de St-Joseph et St-André.
  • Installer des toilettes chimiques devant la Binerie Mont-Royal.
  • Créer un centre communautaire pour les juives hassidiques lesbiennes du Mile-End.
  • Enlever toutes les pancartes d’heures de stationnement et les remplacer par la formule suivante : quand vous vous stationnez devant un endroit, regardez l’adresse. Puis, additionnez les deux premiers chiffres et les deux derniers chiffres. Cela va vous donner les heures auxquelles vous avez le droit de vous stationner la semaine. Pour la fin de semaine, soustrayez ces chiffres du nombre de pas qui vous séparent du centre de yoga le plus proche. En cas de doute entre deux centres, choisissez toujours le centre de yoga le plus au sud. Pour connaître les horaires lors des jours de pleine lune, multipliez le nombre de lettres dans le nom de la rue par la quantités de trottoirs fermés dans les 50 mètres, ce qui va vous donner le nombre de minutes par heure où vous pouvez vous stationner lorsque le vent vient de l’est. Lorsque le vent vient de l’ouest, comptez le nombre de terrasses qui débordent sur la rue dans les 100 mètres et ajoutez 51,5. Si la température dépasse 25 degrés Celsius ou descend sous les -10, comptez les tweets de Denis Coderre dans les dernières 72 heures et divisez les par le nombre de cyclistes que vous seriez capable de frapper en ouvrant votre portière dans les huit prochaines secondes.

Voilà! Tout serait tellement plus simple ça! Vous avez d’autres idées? Laissez un commentaire ci-dessous!

La théorie des reprises télé

Ce matin, je me suis réveillé beaucoup trop tôt et alors que je fixais mon insipide plafond blanc bien couché sous mes couvertes, je me suis mis à penser au voyage de le temps. Faut croire que c’est une façon comme une autre de se réveiller.

Stephen Hawking a déjà dit que le voyage dans le temps était probablement impossible étant donné que nous n’avions pas reçu de visite du futur. Bon point Stephen. D’autres pensent plutôt que si des voyageurs du futur venaient à notre époque, ils se cacheraient pour ne pas influencer le cours des choses et scrapper la suite, y compris leur propre existence. Pas bête non plus. Quiconque a vu Back To The Future sait que c’est pas tant une bonne idée d’aller modifier le passé. Pour une fois qu’une affaire des années 80 sert à quelque chose d’autre que juste être laid, on se gênera pas pour s’en servir! Quoique je dis ça et je suis né en 1985, mais bon… oubliez ça. 

Voici où je veux en venir : et si Stephen Hawking était dans le champ? Ce matin, alors que j’étais incapable de me rendormir, je me suis dit que les visiteurs du futur ne venaient peut-être pas nous voir tout simplement parce que notre époque est plate. C’est ce que j’appelle « la théorie des reprises télé ».

Je m’explique. Prenons pour acquis deux secondes que le voyage dans les temps est possible (sinon, je comprends vraiment pas comment ça se fait que vous êtes encore en train de lire ce texte-là). Le futur, c’est un peu comme l’évolution des émissions de télévision. Il y a toujours une évolution ou un changement qui devient caractéristique de l’époque où l’émission a été faite. Le téléspectateur consomme les émissions (l’équivalent de vivre l’instant présent) sans se rendre compte du changement au jour le jour, mais lorsqu’il tombe sur une reprise qui date, il est capable de l’identifier à l’époque d’où elle est issue. Comme quand on tombe sur une vieille photo.

Autrement dit, pour l’humain du futur qui consomme le temps comme des émissions de télé, notre époque représente l’équivalent d’un vieil épisode d’Un homme et son péché qui passe en reprise depuis des années. Pour lui, c’est du déjà vu. Ça l’intéresse beaucoup moins de revisiter cette époque-là que de regarder le nouvel épisode de 19-2 qui vient de sortir. Vous me suivez?

Tout cela m’amène à l’utilité du voyage dans le temps. À supposer qu’il ne faille pas modifier le passé pour ne pas influencer le cours des choses, à quoi servirait le voyage dans le temps? Simple! À la vérifications de faits historiques sur lesquels nous avons des doutes : la construction des pyramides, l’assassinat de JFK, etc. Et puisque nous vivons à une époque qui est extrêmement documentée avec toutes les technologies que nous avons, il ne sert pas à grand chose de revenir au 21e siècle pour vérifier quoi que ce soit.

Pensez-y un instant! Les humains du futur ont sans doute pour des dizaines de siècles (sinon de millénaires) d’historique d’internet (et de statuts Facebook) à éplucher pour comprendre comment nous vivions en 2015. Et ça, pour eux, c’est un peu comme l’équivalent de réécouter Un homme et son péché : c’est clairement vintage et pas si bon que ça (il connaissent l’épisode par coeur), ça trahit un peu trop l’époque, et c’est pas particulièrement l’fun quand t’es pogné pour l’endurer.

Si voyage dans le temps il y a un jour, il servira probablement uniquement à clarifier les cours d’histoire en allant contre-vérifier certains faits et évènements, à défaut de pouvoir y changer quoi que ce soit. Ce qui laisse aussi croire que la potentielle existence du voyage dans le temps laisse présager une époque où il n’y aura pratiquement plus du mystères, car tout pourra être vérifié. Et tant qu’à faire, j’espère que quelqu’un du futur va aussi vérifier que je suis le premier à être arrivé avec cette théorie-là!

Pour terminer, je vais faire mon réalisateur-cinéphile en vous invitant à voir mes deux incontournables en matière de voyage dans le temps : La jetée (1962) et Happy Accidents (2000). Bonne écoute!

Malédictions!

Ceux qui lisent régulièrement ce blogue savent pertinemment que je n’exagère jamais. Je me permets une trêve de plaisanteries ici (ou pas) afin de vous parler d’un sujet extrêmement sérieux (ou pas) qui a fait grimper l’empathie en moi à des sommets inatteignables (ou pas).

D’abord, petite mise en contexte. Je fais souvent des blagues avec le fait qu’il nous arrive régulièrement (moi et ma chaise roulante) de rencontrer des génies de l’école nationale de l’humour qui ont la brillante idée de lancer spontanément avec une voix de mononc’ cochon l’hilarante (not) phrase : « Roule pas trop vite, tu vas pogner un ticket! »! D’ailleurs, mon record personnel en la matière est de trois fois en l’espace d’une minute sur l’avenue Mont-Royal, mais ça c’est une autre histoire. À noter aussi la variante hivernale qui est tout aussi nullement désopilante : « As-tu mis tes pneus d’hiver? »

Même si mes excès de politesse me font généralement répondre : « Haha, c’est la première fois que je l’entends…….. aujourd’hui! », la vérité, c’est que c’est plutôt un « Aaah, ta yeule » qui me traverse l’esprit à chaque fois. Et je vis avec cette malédiction depuis plus de deux décennies…

Mais récemment, je me suis rendu compte qu’il existait un groupe de la population qui était beaucoup plus assujetti que moi à être victime d’allusions plates sur une base quotidienne. Au point de réaliser que ma situation est loin d’être si pire que ça finalement.

Ce groupe, ce sont les filles qui s’appellent Roxanne. Mesdames et mesdemoiselles, j’ai mal pour vous. Je n’ose même pas imaginer la quantité de fois par jour dont vous devez être victimes de références (plates) à la toune de The Police dont la seule réelle qualité est de rester pognée dans la tête des gens (on va se dire les vraies affaires). Ça doit être aussi insupportable que la toune elle-même.

Chers futurs parents, rendez service à votre fille et ne l’appelez surtout pas Roxanne. Elle ne vous en remerciera peut-être jamais, mais si vous faites l’inverse, son nom deviendra une malédiction qui la transformera en victime d’allusions plates pour le restant de ses jours.

Messieurs, j’ai aussi un conseil pour vous. La prochaine fois que vous voulez aborder une Roxanne dans un bar, récitez-lui donc un extrait de Cyrano de Bergerac (sauf si vous êtes à Laval) au lieu d’essayer en vain d’atteindre des notes que vous n’arriverez jamais à chanter sur un ton juste sans vous squeezer les testicules dans un presse-citron.

Et à toutes les chères Roxanne de ce monde, je partage votre souffrance et je suis de tout coeur avec vous. Le seul réel conseil que je peux vous donner pour survivre dans ce monde cruel, c’est de faire changer votre nom pour Eleonore Rigby. Ça devrait régler votre problème, sauf si vous tombez sur un violoncelliste.

Petites histoires de calendrier

Le mois de février arrive à grands pas et j’ai toujours un petit pincement au coeur, car c’est le mois de l’année qui coûte le plus cher. Pas seulement pour moi! On se fait tous un peu arnaquer à chaque deuxième mois de l’année parce que le prix de toutes nos mensualités reste le même alors qu’on en profite deux ou trois jours de moins. Que ce soit le loyer, le câble, le téléphone, l’internet, le journal, etc.

Pour être franc, je suis pas mal certain que le Pape Grégoire XIII se foutait un peu du prix mensuel de mon abonnement à vidéotron quand il a instauré le calendrier grégorien au XVIe siècle. Mais à quoi ressemblerait un calendrier qui aurait de l’allure pour nous en 2015?

J’ai jamais été très bon en maths, mais je me suis quand même penché sur la question pour imaginer un nouveau système de dates qui viendrait régler le problème du mois de février. Pour la forme, on va appeler ça le calendrier Cordeyien.

Afin de respecter l’idée d’avoir des années de 365 jours, le calendrier Cordeyien serait constitué de six mois : cinq mois de 61 jours et un mois de 60 jours. Les années bissextiles auraient très exactement six mois de 61 jours. Fini le maudit truc des jointures dont on se souvient jamais pour essayer de savoir si c’est un mois de 30 ou 31 jours qu’on va avoir dans six mois.

Au Québec, nos saisons s’appelleraient le printemps, l’été, l’automne, le début de l’hiver, l’hiver et l’ostie d’hiver qui finit pu.

Pour le fun, je me suis amusé à savoir quelle serait ma date de fête dans le calendrier Cordeyien en prenant pour acquis que le mois de 60 jours serait l’hiver et qu’il commencerait le 1er janvier actuel. Je serais né le 15 du cinquième mois, l’automne, au lieu du 15 septembre. Un sacrifice que je serais bien prêt à accepter si ça peut faire disparaître le seul mois de 28 jours qui vient fucker le système.

Malheureusement, j’ai bien peur ce que ne soit pas demain la veille qu’on adopte le calendrier Cordeyien pour sauver deux jours de facturation au mois de février. J’imagine déjà les manifestations d’astrologues qui s’insurgeraient contre l’idée de perdre leur système de prédiction de l’avenir en menaçant que les balances prennent du poids, que les cancers meurent tous d’un seul coup, que vierges perdent leur virginité, et que le groupe Scorpions revienne en force.

Ça, c’est sans compter les coûts que ça engendrerait de transposer les dates de fêtes de tout le monde afin de créer des nouveaux documents officiels comme des passeports et des permis de conduire.

Bon… C’est peut-être un peu trop de trouble pour pas grand chose dans le fond. Tant pis. On se fera avoir le mois prochain… Tout ça à cause d’un Pape qui a pas pensé à nos forfaits de iPhone y’a 500 ans. 

Histoires de taxis

On a tous une histoire de taxi. Moi, j’en ai à peu près 18 000…

Vrai, je prends beaucoup de taxis l’hiver, donc ça contribue certainement à augmenter le risque d’anecdotes savoureuses. D’ailleurs, ça faisait un bon bout de temps que je voulais vous en raconter quelques unes. Et c’est celui que j’ai pris ce matin qui m’a finalement décidé à prendre un peu de temps pour vous raconter ça.

Quand j’appelle un taxi (et j’appelle toujours la même compagnie), j’en demande un qui peut prendre une chaise roulante qui se plie. Ça diminue généralement assez bien le risque de tomber sur quelqu’un qui m’amène les morceaux un par un pour que je remonte ma chaise moi-même (oui, ça s’est déjà produit).

L’affaire, c’est qu’il m’arrive quand même assez régulièrement d’avoir l’impression que le chauffeur me prend pour un cave, ou du moins, qu’il pense que je prends pas des taxis souvent.

Avant de rentrer plus en détails dans ma « ride » de ce matin, voici un petit éventail des types de chauffeurs sur lesquels je suis déjà tombé. Par où commencer?

Dans les vrais champions, on retrouve d’abord celui qui a fait un accident et qui a laissé le compteur tourner le temps d’aller voir les dégâts. Ciao bye ton tip, maestro!

Il y aussi le chauffeur qui laisse le compteur tourner le temps de remonter ma chaise roulante et qui semble avoir ben ben ben de la misère à remettre trois morceaux ensemble. J’ai trouvé un truc pour éviter ça. Vous allez le découvrir un peu plus loin.

Trêve de sarcasme, il y en a aussi des excellents. Comme celui avec une mémoire phénoménale qui se souvenait non seulement de m’avoir pris cinq mois plus tôt, mais qui était capable de dire où il m’avait pris et où il m’avait amené :

– Je me souviens, je vous ai pris sur la rue Molson au mois d’août.

– Oui, c’est ma soeur qui habitait là!

– Et je vous ai amené sur De Gaspé, c’est bien ça?

– Oui, j’avais une entrevue pour une job.

– Et puis?

– Je l’ai eue! Je suis redéménagé à Montréal à cause de ça! Et c’est à cause de cette job-là que je suis dans votre taxi aujourd’hui!

Le chauffeur à l’aéroport de Pékin qui parlait évidemment pas un mot d’anglais et à qui j’ai remis un courriel reçu en mandarin qui disait où il devait m’amener. Après 40 minutes dans le char, je vous avoue que j’ai commencé à me poser des questions à savoir si j’allais pas finir haché dans des croquettes de poulets chez McDo. Finalement rendu à destination, ce même chauffeur a aussi cru que mon billet de 100 yuans échangé à l’aéroport de Québec était un faux.

J’ai aussi déjà croisé le chauffeur qui se fait appeler « John l’Albanais » et qui a réussi (entre le centre Bell et le Plateau) à ramener la conversation au fait que les gens sur les fermes aiment bien avoir des relations sexuelles avec des chèvres.

Et j’en passe…

…et celui de ce matin!

J’ai tout de suite su que ça allait être une mauvaise expérience quand je l’ai vu partir le compteur avant que je monte dans l’auto. Devinez quoi? Il a eu beaucoup de misère à rentrer ma chaise… dans sa mini-van!

Encore une fois, ciao bye ton tip, Einstein! Tu penses que je prends jamais de taxis? Strike one!

Il commence à prendre des petites rues.

– C’est pour éviter le trafic, qu’il ajoute.

– J’espère ben mon ost*, que j’ai pensé…

– Je dois vous donner un bon service, comme ça vous allez me rappeler!

– Après que t’ailles parti le « meter » avant de rentrer dans le char, que j’ai pensé? T’es-tu malade!

Après quoi, il est évidemment allé se domper dans le stationnement qu’était la rue Sherbrooke à cette heure matinale parce que c’était de toute évidence l’unique chemin pour se rendre à destination.

Strike two!

Rendu à destination, j’ai sorti mon truc pour qu’il ne me refasse pas le coup du compteur. Dès que l’auto s’arrête, je dis : « est-ce que je peux avoir un reçu pour X SVP? » Même quand j’ai pas besoin de reçu, je le fais quand même. Comme ça, si le chauffeur m’a pris pour un cave, au moins il sait qu’il aura pas une cenne de plus peu importe ce qu’il fait à partir de ce moment-là.

C’est là que je me suis redu compte que j’étais vraiment tombé sur un génie. Il m’a donné un reçu blanc en me disant : « Tiens, tu le rempliras toi-même! »

Ben coudonc… Merci ben Einstein!

Et vous, c’est quoi votre histoire de taxi?

L’austérité et les principes du Monopoly

J’aime bien le Monopoly. Un jeu capitaliste qui prend pour acquis que n’importe qui mérite aléatoirement d’aller en prison. Comme si au second degré, ça impliquait automatiquement que les joueurs allaient finir par crosser le système. C’est quand même drôle quand on y pense.

Récemment, je jouais au Monopoly sur mon iPhone et j’ai essayé une nouvelle tactique. La seconde que j’ai eu trois terrains de valeur moyenne, j’ai hypothéqué tous mes terrains à valeur plus élevée pour construire le plus vite possible sur mes terrains moyens avant que les autres ne construisent quoi que ce soit. Ça me dérangeait pas de m’endetter, parce que je savais que je maximisais mes chances de faire de l’argent et de tout rembourser. Savez-vous quoi? Ça a marché! J’ai réutilisé cette tactique-là à quelques reprises et j’ai jamais perdu une partie. Donc je me suis tanné et j’ai arrêté de jouer.

Le Monopoly représente parfaitement bien la notion d’écart de richesses. Plus le jeu avance, plus les riches deviennent riches et plus les pauvres deviennent pauvres. Ce qui fait que quand t’es moyennement bien parti, ça devient extrêmement difficile de regagner du terrain parce que le jeu est conçu pour accentuer les écarts. La chance reste alors ton seul espoir de revenir dans la partie, et on va se le dire, ça marche jamais.

Présentement, la politique d’austérité du gouvernement me fait beaucoup penser à quelqu’un qui se retrouve avec une mauvaise partie au Monopoly. Imaginez la situation suivante : 

Pauline joue au Monopoly. Pendant la partie, elle reçoit un appel de son chum qui l’invite à un cocktail mondain dans un manoir de Charlevoix. Comme ça a l’air pas mal plus le fun que sa partie de Monopoly qui est moyennement bien partie, Pauline s’en va et laisse sa partie à Philippe. On va appeler ça un changement de gouvernement.

Rapidement, Philippe se rend compte que Pauline lui a vraiment laissé une partie de marde : la moitié des terrains sont hypothéqués, l’autre moitié rapporte rien, pis en plus, il est pogné avec l’ostie de compagnie d’électricité qu’on sait jamais quoi faire avec. (Quoique côté profits, Hydro-Québec doit rapporter pas mal plus que la compagnie d’électricité au Monopoly).

Philippe prend l’argent qu’il lui reste et essaie tant bien que mal de déshypothéquer ses terrains. Le problème, c’est que ça lui rapporte pas plus d’argent ailleurs et il se retrouve donc coincé dans une partie où l’écart entre lui et les riches s’accentue à la vitesse de l’éclair. L’erreur de Philippe? Même s’il est mal parti, il devrait utiliser ma tactique investir dans un secteur précis pour maximiser ses chances de profits plutôt que d’essayer d’éliminer ses dettes tout de suite. À long terme, c’est sa seule chance de réduire l’écart qui le sépare des autres joueurs.

J’arrête la comparaison avec le Monopoly ici parce que c’est là que l’intérêt diffère entre un joueur de Monopoly et un politicien. Le joueur de Monopoly veut gagner la partie, alors que le politicien s’en fout complètement. Ce qu’il veut, c’est le pouvoir. Dans les faits, Couillard aura beau couper dans tout ce qu’il veut, ça va mener à rien collectivement. Par contre, c’est pas comme si le Québec avait pas des secteurs en plein développement qui pourraient rapporter suffisamment si on décidait d’y investir comme il se doit.

Le joueur de Monopoly s’assurerait que les investissements dans les ressources naturelles du Nord du Québec vont lui revenir dans les poches au maximum. Le politicien va s’entendre avec des compagnies qui vont lui retourner l’ascenseur quand viendra le temps de financer sa prochaine campagne électorale.

Bref, l’austérité, c’est une mauvaise partie de Monopoly qu’on est en train de perdre collectivement, mais le joueur qui nous représente tous ne fait rien pour essayer de la gagner.

Ceci n’est pas un placement de produit

Lors d’un voyage en France au cours de la dernière décennie, celle des années 2000, j’ai jadis acheté une bouteille d’eau sur laquelle on avait écrit des arguments ventant l’ergonomie de la bouteille pour attirer le consommateur. C’est la première fois que j’ai réalisé concrètement que certains produits avaient des arguments de vente qui n’ont absolument rien à voir avec le produit en question. On s’entend que de l’eau, ça reste de l’eau, donc il fallait faire preuve d’imagination et, disons-le, d’un peu de ridicule pour trouver des arguments…

Parlant d’eau, au premier rang de ces produits dont les arguments de vente sont ridicules, un me fascine particulièrement : la mythique Coors Light. Après avoir passé des années à essayer de nous vendre une bière avec comme seul argument qu’elle était froide (faut quand même le faire), voici qu’on tente depuis un certain temps de nous convaincre de l’acheter parce qu’elle vient dans une canette ventilée qui facilite supposément le déversement du fluide en question.

Sincèrement, je trouvais déjà que l’argument de la « bière froide » (avec la canette qui change de couleur) était assez épais, mais je pensais pas qu’ils étaient capable de se battre eux-mêmes en terme de ridicule en nous présentant une canette avec deux trous.

Avez-vous déjà été en possession de cette fameuse canette ventilée? Moi, oui. Je précise que c’est pas moi qui l’avait achetée. Bref, c’est tellement de trouble d’ouvrir le fameux second orifice qui est sensé faciliter l’extraction du divin nectar qu’est cette bière légendaire, que je préfère encore attendre quatre secondes de plus le temps de la verser dans un verre… ou dans ma gorge.

Ce qui me fait penser que si on extrapole, cette fameuse tentative de verser la bière plus vite peut être directement interprétée comme une incitation à la surconsommation et à l’alcoolisme quand on pense à tous ceux qui déversent directement leur bière dans leur gosier! Un peu sous le même principe que le « un verre de lait c’est bien, mais deux c’est mieux ». D’ailleurs, j’en suis toujours pas revenu de celui-là. Méchant argument pour quelqu’un comme moi qui est intolérant au lactose…

Mais revenons-en à la Coors Light. Ce qui m’inquiète le plus dans tout ça, c’est qu’une fois la canette ventilée devenue passée date, il va bien falloir trouver un autre argument pour nous vendre ce fameux fluide pas de goût! Et j’ai vraiment peur de ce que les génies du marketing de Coors vont trouver pour leur prochaine campagne de pub.

C’est pourquoi je préfère encore les devancer et leur donner quelques suggestions d’innovations avec ces quelques idées inspirantes :

  • Faire de Coors Light la bière officielle des chauffeurs désignés. Ça goûte tellement rien pis y’a tellement pas d’alcool que tu peux te taper une 24 sans péter le 0.08! Tant qu’à boire de l’eau, boit quelque chose qui goûte comme de l’eau! Non, mais qui a dit qu’un chauffeur désigné pouvait pas avoir du fun en allant pisser aux dix minutes?
  • Créer la première canette en titane et faire de la Coors Light la première bière anti-balle! T’es dans un gang de rue? Bois de la Coors Light! Si tu te retrouves au milieu d’une fusillade, tu vas pouvoir te protéger avec ta bière!
  • Installer un dispositif d’empreinte digitale sur la canette pour que quelqu’un puisse pas te voler ta bière. Quand le pouce devient bleu, la canette s’ouvre automatiquement et tu peux la boire!
  • Faire des canettes « glow in the dark »!
  • Mettre des photos d’alcooliques disparus sur les canettes.
  • Faire une campagne conjointe avec Vision Mondiale et distribuer de la Coors Light dans les pays où ils ont pas d’eau.
  • Lancer une émission de télé qui s’appelle « Les recettes pas pompettes » où le monde font de la cuisine en buvant de la Coors Light!
  • Choisir Éric Lapointe comme porte-parole.
  • Ou encore mieux!!! Juste faire une bière qui goûte quelque chose…!

Voilà, c’est dit!

Ma vitre est un jardin de %(?*#@)@*%

Si je vous demande où aller pour faire du ski, vous allez me répondre quoi? Les Rocheuses? Les Alpes? Si je vous demande où vous allez aller pour boire du vin? La France? L’Italie? Si je vous demande où vous allez vous bourrer la face dans une cabane à sucre en dansant autour d’une bouteille de caribou avec une ceinture fléchée pendant que Martin Picard joue dans une pub de char? Ben oui, on fait ça au Québec!

Où est-ce que je veux en venir? C’est simple! On a tous une spécialité. Individuellement, collectivement. Mes champs d’expertise à moi, c’est la réalisation, le montage, chialer contre Pierre Houde à RDS, écrire des niaiseries sur un blogue, et faire des wheelies en chaise roulante avec une bière entre les jambes. (Allo maman!) Demandez-moi pas de courir un marathon ou de construire une cabane à oiseaux, ça ira pas bien…

OK, mais où est-ce que je veux vraiment en venir?

C’est simple. À chaque année, le 2 janvier, on apprend en grande primeur tel un scandale de finances publiques que nos budgets de déneigements ont été écoulés et qu’on va devoir vivre dans la marde blanche jusqu’à ce que le printemps décide de sortir la marmotte de son trou.

Ce que je comprends pas, c’est que depuis que le Québec a des Québécois, on habite dans la marde blanche six mois par année. Voulez-vous bien m’expliquer de quessé que comment du pourquoi qu’on a pas réussi à devenir des sortes d’experts en matière… euh… d’hiver? Des pionniers? Des modèles? C’est pas comme si c’était exceptionnel, on « deal » avec les (insérez un mot d’église de votre choix ici) de flocons à chaque maudite année…

Je peux pas croire que nos élus arrivent pas à équilibrer leurs budgets en conséquence….

Je peux pas croire qu’on est pas capable d’avoir assez de main d’oeuvre pour se débarrasser de la neige à la seconde qu’elle touche le sol…

Je peux pas croire qu’on a réussi à créer dix-huit milliards de jeux Assassin’s Creed, mais qu’on a pas encore inventé le maudit trottoir chauffant….

Je peux pas croire qu’on passe la moitié de notre année à se dire « je peux pas croire qu’on a pas évolué par rapport à l’hiver » et qu’au final, on fait rien.

Le québécois est très fort pour investir dans son chalet dans le nord juste pour être certain qu’il va avoir un pédaleau, trois kayaks, huit quatre roues et 125 sacs de guimauves à faire griller sur le feu lors des trois fins de semaines de beau temps qu’il va avoir pendant son été. Mais à part acheter des pneus d’hivers et prendre un abonnement à Tremblant, on fait quoi pour se faciliter la vie et diminuer le stock social de sacres consommés lors de matins de déneigements et de fouilles pognées sur des plaques de glaces?

Aujourd’hui, c’était notre première neige. J’ai failli me planter quatre fois en chaise roulante sur les trottoirs de l’avenue Mont-Royal entre St-Laurent et St-Denis en revenant de la job. C’est juste une question de temps avant que je plante. Mais qu’est-ce que j’en sais? On a absolument aucune raison d’être des spécialistes en hiver! Après tout, c’est pas comme si on vivait ça six mois par année…

La fois que j’ai insulté un chinois

Je ne pense pas vous avoir déjà raconté la fois que j’ai insulté mon voisin chinois quelques minutes avant qu’on s’envole pour 13 heures en direction de Pékin.

C’était en 2009, à l’abord d’une piste de l’aéroport de Chicago. Le matin même, je m’étais envolé de Québec pour aller à l’autre bout de la planète présenter un court-métrage dans un festival d’écoles de cinéma. Le plus beau voyage de ma vie, mais ça, c’est une autre histoire. À l’aéroport de Québec, à 6h30 du matin, j’ai croisé un voyageur américain qui m’a demandé où j’allais. Lorsque je lui ai dit que j’allais à Pékin en passant par Chicago, il m’a répondu : « Pas Chicago! C’est le premier aéroport à annuler tous ses vols dès qu’il y a la moindre intempérie! » L’histoire allait prouver lors du voyage du retour qu’il avait bien raison, mais ça aussi, c’est une autre histoire…

OK, OK. J’en reviens à mon « ami » chinois…

Je suis en classe économique de United Airlines. Bref, j’ai l’impression que l’espace entre les bancs a été conçu pour des gens comme moi, pas plus grands que 4 pieds. Je n’ose même pas imaginer comment quelqu’un de plus grand peut envisager survivre à un vol de 13 heures dans ces conditions. Je veux bien croire que les asiatiques ne sont pas très grands, mais il y a quand même des limites…!

Je suis côté hublot et j’ai trois voisins. Mon voisin immédiat, le chinois en question, a la brillante idée (et ce n’est pas du tout sarcastique) de tenter un contact humain avec moi étant donné qu’on va passer les 13 prochaines heures à s’accrocher le coude. Il me regarde et me parle en anglais avec son accent : 

Lui : A you goin to Beijing fo da fasta?

Moi : What?

Lui : A you goin to Beijing fo da fasta?

Moi : For what?

Lui : Da fasta?

Moi : I don’t understand…

Il se fâche.

Lui : A you goin to Beijing fo da fasta?

Moi : Sorry…

Il se retourne et ne dit plus rien. Quelques secondes plus tard, l’hôtesse de l’air vient m’expliquer en anglais qu’une personne a été mandatée pour s’occuper de moi en cas d’urgence. Nous avons une conversation tout ce qu’il y a de plus fluide. Je comprends son accent et elle comprend bien le miens aussi. Puis, elle quitte.

Je n’ose pas regarder mon voisin. Son visage camoufle bien mal sa frustration. Et sur ce superbe malaise, l’avion s’est engagé sur la piste et nous ne nous sommes pas reparlé du vol. En gros, en 13 heures, j’ai écouté le film d’animation UP sous-titré en mandarin sur un écran de cinq pouces à peu près cinq fois et j’ai tenté de comprendre comment on faisait pour manger une soupe avec des baguettes. Voilà qui résume parfaitement mon vol.

Le lendemain, bien couché dans l’inconfortable lit de la résidence universitaire de la Beijing Film Academy, j’ai repensé à mon voisin chinois et un éclair m’a traversé l’esprit. Il me demandait : Are you going to Beijing for the first time?

Je me suis senti tellement épais…