Un projet un peu fou

Il y a quelques mois, on m’a approché pour monter le projet « Un 30 mai ici-bas » piloté par Le Devoir et Fabien Deglise qui y est journaliste. L’idée piquait la curiosité : créer un documentaire participatif en demandant aux gens de fournir un court clip tourné le 30 mai 2014.

Quelques semaines avant le lancement du projet, je suis allé rencontrer Fabien pour en savoir plus. Je me suis rapidement rendu compte que ce qui était attirant dans ce projet, c’était aussi ce qui faisait peur. Dire oui à « Un 30 mai… », c’était un peu comme plonger dans le vide vers l’inconnu sans savoir si le parachute allait ouvrir.

On vise un format de combien de temps? On va monter ça comment, sous quel angle? Est-ce que ça va valoir la peine de faire quelque chose de gros avec ça? Un lancement ou une première?

Toutes les questions avaient la même réponse : ça dépend de la participation des gens! Ça dépend de la qualité du matériel, de ce qu’on va recevoir, de la quantité de vidéos, etc.

J’ai pris le risque de sauter et j’ai dit oui. D’une part parce que les projets comme celui-là sont rares, mais surtout parce que monter du matériel aussi varié, c’est de l’écriture à son état le plus pur.

La participation du public a été exceptionnelle. Plus de 1000 clips ont été envoyés et quelques semaine plus tard, je me suis retrouvé en possession d’un minuscule disque dur qui avait pourtant des airs de monstre. C’était un buffet tellement riche qu’il était difficile de savoir par où commencer. J’ai vraiment été très impressionné par l’ensemble du matériel. Il y avait un potentiel d’écriture immense.

Plusieurs mois plus tard, nous voici au grand moment du dévoilement. Le lundi 3 novembre prochain, « Un 30 mai ici-bas » (qui est d’une durée de 44 minutes) sera présenté à la SAT à Montréal en grande première. La projection sera suivie d’une discussion. Tous les détails sont sur le site du projet.

Je vous invite donc à venir voir ce film dont je suis vraiment très fier! Pour son côté anthropologique, pour voir comment les gens ont individuellement perçu ce fragment et de temps, mais surtout pour être témoin de cet échantillon collectif d’humanité.

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