CECI N'EST PAS UN BLOGUE

Mois : juin, 2014

Une histoire de steak

Je viens de me faire cuire mon deuxième steak à vie. À 28 ans. Le premier, c’était la semaine dernière… Bon, mieux vaut tard que jamais! Est-ce qu’ils étaient bons? Sérieusement, pour une semaine de premières fois, je me donne pas mal plus que la note de passage!

Mon premier était plutôt médium (alors que je l’aime quand même saigant). Une coupe un peu trop mince, une cuisson un peu trop longue, et voilà le travail. Le deuxième, par contre, ressemblait pas mal plus au drapeau du Québec : bleu! Une coupe plus épaisse, une cuisson un peu moins longue, et voilà le travail encore une fois…

Quand j’ai demandé à mes amis : « comment tu fais cuire ça un steak? », ils m’ont tous ou à peu près dit : « Ben, c’est de l’essai-erreur. Tu vas voir… ». 

Cool! Heureusement qu’on parlait pas de saut en parachute. Ou encore de comment débarquer en Normandie en 1944! C’est pas comme si j’avais peur d’attraper la maladie du hamburger, non plus… Bref, si vous voyez que j’écris plus rien sur mon blogue pendant trois semaines, appelez-moi donc une ambulance!

Mais bon, le steak était quand même pas pire… Un peu trop bleu, mais comestible. Espérons-le! 

Tout ça pour dire que cette expérience m’a ramené à un drôles de phénomène qui a un peu pris de l’ampleur avec les zinterwebs : la honte!

Vous souvenez-vous du truc le plus honteux que vous avez tapé sur google? Moi, ça devait ressembler à : « How to cook Kraft Diner in microwave ». Vous aurez beau rire de moi tant que vous voulez, je sais pas si je serais encore en vie si j’avais pas googlé ça! Et récemment, j’ai donc aussi googlé : « how to cook a steak ».

Bon, je ne vous inviterai pas à manger chez moi tout de suite. Sauf si vous me faites à manger, bien sûr. Mais toujours est-il que sans la honte de « googler » quoi que ce soit, je ne saurais pas comment faire un steak. Ni d’autres affaires d’ailleurs. Mais ça, j’en parlerai pas trop fort parce que ma mère lit mon blogue…

Dans six mois, c’est Noël…

Désolé, j’ai pas pu m’empêcher… À part de ça, dans le monde :

  • À Montréal, la St-Jean s’est déroulée sous la pluie. Louis-José Houde aurait dit à la foule peu nombreuse : « Si je vous ai bien compris, vous êtes en train de nous dire : à la prochaine fois! »
  • La SAQ veut ouvrir des succursales dans les supermarchés. Prochaine étape, ils vont nous vendre des shooters au Dollarama.
  • Georges St-Pierre aurait écrit une lettre pour demander la clémence envers un caïd de la drogue qui serait un de ses amis. Non, ça ne s’adressait pas à la juge Charbonneau…
  • Les conservateurs en mode séduction à un an des élections fédérales. Je vous laisse écrire votre propre blague…
  • Le vrai nom du chanteur Woodkid est Yoann Lemoine. C’est tout.
  • Le ministre MacKay fustigé pour ses propos envers les femmes. En apprenant les allégations contre lui, il aurait dit : « Je pensais pas qu’elles allaient m’entendre de la cuisine! »
  • Le Mondial de soccer amène son lot de surprises. À commencer par le fait qu’il y a eu des buts!
  • Michael Jackson est mort depuis cinq ans. Sa face, elle, était pas mal morte depuis 15 ans par contre…
  • Le grand requin blanc serait de retour dans le St-Laurent. Bref, les tours de zodiaques à Tadoussac devraient bientôt faire faillite…
  • En Égypte, trois journalistes ont été condamnés à la prison pour avoir fait leur travail. Peter Mackay aurait salué la décision en pensant que c’était des femmes.

Sur ce, soyez sages! (Mais pas trop…)

Ceci n’est pas une blague

J’avoue, c’était une question de temps avant que j’utilise ce titre avec un nom de blogue comme celui-là.

Histoire de changer de ton avec mes derniers textes plus sérieux, voici en rafale une série d’anecdotes absurdes. Si un jour je suis invité aux « Squelettes dans le placard », je vais probablement piger dans cette liste-là.

  • J’ai déjà eu affaire à un médecin résident dont le nom était Dr. Pickle. Il était roux.
  • En Chine, la rampe d’accès des résidences de l’université où je logeais avait une marche pour y accéder.
  • Au secondaire, je me suis déjà fracturé une côté en éternuant et j’ai manqué une semaine d’école.
  • En 2009, j’ai accidentellement insulté mon voisin chinois dans les premières minutes du vol de 13 heures nous menant à Pékin parce que je lui ai fait répéter une phrase que je comprenais pas. Il disait : « Ah you goin to Beijing fo da fasta? »  Après 10 fois, il s’est écoeuré et il ne m’a plus parlé du vol. Le lendemain, en y repensant, j’ai compris qu’il m’avait demandé : « Are you going to Beijing for the first time? » Je me suis senti un peu cave…
  • Sur un ton plus sérieux… En France, je me suis déjà fait refuser dans un bar parce que j’étais en chaise roulante!
  • Sur un ton beaucoup moins sérieux, un ami que je ne nommerai pas a déjà fendu deux paires de jeans au niveau du postérieur au cours d’une même soirée en me poussant dans la neige un lendemain de tempête.
  • Plus jeune, plutôt que de dire les vraies raisons, j’ai écrit dans une fausse biographie humoristique que j’étais en chaise roulante à cause d’un accident de réacteur d’avion. Après avoir lu ça, quelqu’un m’a demandé si c’était vrai.
  • Je me suis déjà fait dire « Roule pas trop vite, tu vas pogner un ticket! » deux fois en l’espace d’une minute par deux personnes différentes. Mon record absolu dans une journée doit être de quatre ou cinq. Et je vous parle pas de « T’as-tu mis tes pneus d’hiver? » (Soupir…)
  • La fille d’un ami de mon frère m’a demandé pourquoi j’étais en chaise roulante? Avant que je dise quoi que ce soit, son père a répondu : « Parce que y’a pas été gentil avec le Père Noël, fait qu’il lui a cassé les deux jambes! »

C’est ça qui est ça. J’en aurai sûrement d’autre pour vous éventuellement…

Huit ans plus tard

21 ans de suivi médical. 9 ans de traitements de trois jours, de trois à quatre fois par année. Des centaines de prises de sang, de doses d’anti-douleurs, de rayons-x. Cinq chirurgies et du métal un peu partout dans le corps. Dans les jambes, dans le dos. Quelques biopsies osseuses. Trois semaines hospitalisé avec un halo : une traction de la colonne vertébrale à l’aide d’un anneau vissé dans le crâne. Des centaines de fractures, de convalescences, de périodes de réadaptation. Pas de tatouages, mais des cicatrices sur le corps comme traces indélébiles d’une enfance souffrante. Voilà ce qui résume assez bien ma santé entre 1985 et 2006.

Ce matin, je suis retourné à l’hôpital Shriners pour enfants de Montréal pour la première fois en huit ans. On m’a demandé de faire partie d’un petit comité d’évaluation chargé de travailler sur un formulaire qui sera distribué à des parents d’enfants atteints et à ces derniers à des fins de meilleures connaissances de ma maladie. J’ai accepté sans hésiter. Ma maladie est extrêmement rare, et sa méconnaissance est un réel problème dans le système de santé. Plus on en saura, plus il se publiera d’articles, d’études, plus on arrivera à vaincre la peur de l’affronter, de vivre avec. Autant pour les parents que pour les enfants.

Le Shriners de Montréal a développé une expertise unique à l’échelle mondiale sur l’Ostéogénèse imparfaite (OI). Au milieu des années 90, j’ai fait partie de la première génération de patients sur qui on a testé un traitement qui s’est avéré être révolutionnaire pour les enfants atteints. Encore ce matin, on me parlait d’un patient venu du Mexique pour recevoir des soins en clinique à Montréal. Sans ce suivi médical, sans ces traitements, ma vie serait infiniment plus difficile aujourd’hui.

Je ne vous ferai pas la description complète de l’OI. D’une part, ça me permet de « reploguer » mon livre dans lequel j’en parle, et d’autre part, il ne faut pas non plus « prendre pour du cash » tout ce qui se trouve sur internet sur le sujet. La gravité de la maladie est séparée en types selon des catégories de symptômes, mais il n’existe pas deux cas parfaitement identiques. À l’âge adulte, l’OI se stabilise et devient beaucoup moins grave. Au point où aujourd’hui, j’ai plus de difficultés avec les conséquences à long terme de la vie en chaise roulante qu’avec la maladie qui m’y confine. C’est un drôle de revirement de situation…

Quand je suis devenu trop vieux pour être suivi au Shriners, on m’a donné un résumé de 75 pages de mon dossier médical dont la copie complète faisait cinq tomes tous aussi épais que le bottin téléphonique. Et ce « résumé de dossier » excluait les dix premières années de ma vie.

Ce matin, avant d’y retourner pour la première fois en huit ans, j’étais nerveux. Je repensais à toutes ces années qui m’apparaissaient si près et si loin dans ma mémoire. À l’époque, je pouvais certainement appeler au moins la moitié du personnel sur place par leurs prénoms. Je savais que ça aurait changé, mais j’avais un peu l’impression de retourner dans une sorte de deuxième maison.

J’ai rencontré des visages familiers parmi les employés. Ça m’a donné des frissons ces retrouvailles avec des gens en qui je serai éternellement reconnaissant pour la qualité de vie que j’ai aujourd’hui.

On m’a montré les plans du nouvel hôpital construit à Montréal et dans lequel les services déménageront l’an prochain. Plus grand, plus moderne. Quand ils quitteront pour de bon l’édifice de la rue Cedar qui ressemble à une villa espagnole, ce sera la fin d’une époque.

Si un jour j’ai des enfants et qu’ils sont atteints de ma maladie, ils connaîtront le nouvel hôpital. Et moi, je garderai les souvenirs de l’ancien et l’expérience avec laquelle j’arriverai à les faire passer au travers de cette épreuve.

La nationalisation du vice

Loto-Québec vient de publier ses pires résultats depuis longtemps. On apprendra sûrement prochainement que le gouvernement abolit les programmes pour prévenir le jeu compulsif.

Au Québec, le gouvernement gère l’alcool et les jeux et ça rapporte beaucoup d’argent. La SAQ nous encourage littéralement à boire en faisant la promotion de ses produits à la télévision. Et lorsque vous vous tuez à petit coup d’une cigarette (je m’exclue, car je ne fume pas), une redevance va directement dans les coffres de l’état.

À priori, ce n’est pas une mauvaise idée! Merci pour les impôts en baisse, car plus nous vivons dans le vice, moins nous en redonnons collectivement avec notre rapport d’impôt. Une mesure largement à l’avantage des gens qui vivent une vie impeccable.

Mais rendu là, pourquoi ne pas pousser l’idée jusqu’au bout? Après tout, on a prouvé que la prohibition ne fonctionne pas et il paraît plus qu’évident qu’il y aura toujours une offre là où il y a de la demande. Pourquoi ne pas nationaliser les prostituées, les bars de danseuses, les drogues douces et les dures? Pourquoi ne pas nationaliser aussi les armes à feu tant qu’à y être?

Si un loisir est nuisible pour la santé, autant en faire profiter les autres en baissant leurs impôts! Je suis bien prêt à me tuer à petit feux, mais j’aimerais encore mieux le faire en aidant mon prochain… Nationalisons le vice! Même un gouvernement conservateur y trouverait son profit.

Le prix du bonheur

Mon texte de ce soir sera très court. On s’entend que tout le monde aime être heureux. Tout le monde aime aimer.

Je ne fais pas de distinction entre le sport et la culture. J’adore le hockey et le cinéma. Et je crois fondamentalement que le spectateur qui va au Grand Prix de Montréal a exactement le même plaisir que le cinéphile qui capote sur le cinéma de Bernard Émond. La source est différente, mais le plaisir qui s’en dégage est exactement le même.

À l’aube du début de la coupe du monde de la FIFA la plus chère de l’histoire, alors que la saison de la LNH va se terminer sous peu, qu’on vient de reconduire le Grand Prix pour 10 ans, et surtout, alors qu’on coupe plus que jamais dans l’ensemble des entreprises culturelles, j’ai envie de vous demander si vous êtes heureux? Et à combien évaluez-vous le prix de votre bonheur? Est-il monnayable? Rentable? Culturellement et économiquement parlant? 

Du pain et des jeux? Non. Du bonheur pour tous. 

Si j’écrivais pour un « Late Night Show »

Hier, je me suis couché tard et j’ai regardé quelques talk shows américains de fin de soirée. Seth Meyers et Conan O’Brien avaient au moins un point en commun dans leurs émissions respectives : ils ont tous les deux fait une blague sur l’évasion par hélicoptère dans une prison québécoise dans leur monologue d’ouverture. La blague de Conan était beaucoup plus drôle que celle de Meyers.

Puisque c’est un de mes rêves d’être un auteur sur un « late night show » et que j’aurais bien aimé participer aux brainstorms sur cette blague, voici quelques « one liners » de mon cru sur cet événement assez inusité.

  • Trois hommes se sont évadés d’une prison à l’aide d’un hélicoptère. La GRC fait dire qu’elle a pas encore trouvé comment poursuivre un hélicoptère avec des chevaux.
  • Un hélico est disparu avec trois évadés d’une prison. La police pense que l’appareil appartient à la Malaysian Airlines.
  • Trois détenus se sont évadés en hélicoptère d’une prison hier. Le quatrième, Averell, aurait pas compris ce qui se passait… (Cette blague fonctionne aussi si vous remplacez Averell par Ringo.)
  • Suite à l’évasion de trois détenus par hélicoptère, ou fournira à toutes les prisons du Québec des hélicoptères pour poursuivre les évadés en cas de besoin. Ça a l’air que ça coûtait moins cher que de juste construire un toit…
  • On soupçonne l’hélicoptère TVA d’être impliqué dans l’évasion des trois détenus. Après tout, c’était le premier sur les lieux pour couvrir l’événement.
  • Trois détenus s’évadent par hélicoptère. Aujourd’hui, Fabienne Larouche a annoncé 5 saisons de plus d’Unité 9.

Sur ce, elle est partie! Ciao!

10 choses que je déteste d’internet

Internet a révolutionné notre façon de s’abreuver d’inutilités. À commencer par les listes. Personnellement, je n’ai jamais autant lu de listes de ma vie. Alors pour rendre hommage à cette technologie qui alimente notre rapport d’amour / haine avec le virtuel, voici une liste inspirée d’un classique pour adolescents mettant en vedette le regretté nominé aux oscars pour Brokeback Mountain et le cancéreux de 50/50 : « Dix choses que je déteste de toi ».

1. L’heure dans la messagerie Facebook

Facebook a décidé que c’était utile pour l’humanité que les individus sachent à quelle heure leur message avait été lu dans sa messagerie instantanée. C’est une décision qui a été poussée par le lobby des antidépresseurs qui vend beaucoup plus de médicaments depuis que les gens angoissent en se demandant quand est-ce que leur ami va leur répondre étant donné qu’il a CLAIREMENT LU le message indiquant : « Faut qu’on se parle… J’ai rencontré quelqu’un d’autre ».

 

2. Les publicités sur Youtube (ou en général)

J’attends encore la confession de l’accroc de la pub qui avoue toujours écouter les pubs des vidéos Youtube jusqu’au bout.

 

3. Les vidéos de chats

Si vous saviez à quel point ça me décourage quand je vois qu’un vidéo de chat a été vu plus souvent que tous les films que je vais faire dans ma vie…

 

4. Le contenu NSFW (Not safe for work)

Quand je tombe sur du contenu NSFW, j’ai toujours peur de me faire pogner par mon boss si je clique dessus. Même si je fais une job de travailleur autonome de chez moi. Il me semble que pour rendre les choses plus simples, on pourrait créer les adresses qui se terminent par .nsfw comme, par exemple, pour un site comme http://www.vatican.nsfw.

 

5. Le spam

Imaginez si jadis, les spammers avaient eu la brillante idée de nous envoyer par la poste traditionnelle ou par le publisac de la pub disant « enlarge your penis ». D’ailleurs, j’y pense… J’ai jamais vu un spam du genre en français. Est-ce que c’est parce que ça pogne juste en anglais? Ou peut-être que la traduction française « grossissez votre engin » portait trop à confusion pour les douchebags de Laval qui comprenaient pas si on parlait de leur Huyndai Accent avec un aileron ou de leur épandeur de gènes de bas niveau.

 

6. Les fautes d’orthographe

Si tu sais pas écrire, farme ta yeule… Moi je sais pas faire à manger, donc je me fais livrer. Je cuisinerai pas pour toi, tu vas mourir. Et quand tu fais beaucoup de fautes, c’est moi qui meurs un peu…

 

7. Tout ce qui devient « viral »

À partir du moment où quelque chose devient « viral », c’est qu’on a clairement besoin d’un antibiotique pour s’en débarrasser.

 

8. Les blogues

Surtout ceux qui font des listes.

 

9. La géolocalisation des adresses IP

Internet a ouvert les frontières, mais quand je veux écouter du contenu vidéo d’un autre pays et que ça dit que « ce contenu n’est pas disponible dans votre région », ça prouve que y’a des compagnies qui se pensent encore au Moyen-Âge virtuel. C’est un peu comme si tu voulais aller manger une bonne bouffe dans un grand resto et qu’après avoir fait le tour du menu, le serveur te disait : « ce contenu n’est pas disponible dans votre région ». Comme dirait mon père : « Y’a des claques qui se perdent… »

 

10. Les vidéos de chats (prise 2)

J’haïs tellement les vidéos de chats que je pense qu’ils méritent clairement deux places dans mon top 10. Ça a l’air qu’il existe même un festival de vidéos de chats. Quoique plus j’y pense, plus je me dis que je pourrais clairement déposer une demande de financement de film expérimental au Conseil des arts pour une oeuvre de deux heures de vidéos de chats. J’aurais peut-être des chances de faire un film et de manger autre chose que du Kraft Diner…

 

PS : J’haïs tous les vidéos de chats, sauf celui-là!

Pas né pour un petit pain à hot-dog

Aujourd’hui, je vous parle d’un sujet dont il n’est pas question dans mon livre : mes talents culinaires. Ou plutôt, mon absence de talent culinaire.

J’ai récemment découvert que les pains à hot-dogs constituent la pire arnaque de l’histoire de l’humanité. Pire que les fraudes pyramidales. Sérieusement, je me sentirais moins coupable d’envoyer de l’argent à un prince africain dont le courriel est allé directement dans mon spam que d’acheter un autre paquet de pains à hot-dogs.

Tout a commencé un soir où je mettais l’une de mes compétences principales au service de mon appétit, c’est à dire la paresse. J’avais envie de manger des hot-dogs, mais je ne voulais pas faire cuire les pains dans une poêle pour une raison très simple. Depuis ma chaise roulante, le rond de poêle arrive approximativement à la hauteur de ma face. Ce n’est pas particulièrement plaisant, ni sécuritaire. Je vous épargne les détails des heures de plaisir que j’ai eu à me préparer un bon spaghatt en manipulant une casserole d’eau bouillante à la hauteur de mes yeux tout en essayant de me diriger avec mes mains.

J’en reviens aux hot-dogs… J’ai eu ce que je pensais être une idée de génie. Je me suis dit : je vais taper sur mes pains à hot-dogs avec un dictionnaire jusqu’à les aplatir assez pour qu’ils entrent dans mon grille-pain. Mes premiers essais ne furent pas particulièrement concluants d’un point de vue esthétique, mais  j’étais prêt à manger mes hot-dogs même s’ils avaient l’air tout droit sortis d’une tranchée de la Première Guerre Mondiale.

En rentrant mon pain écrapouti* dans mon grille-pain, j’ai constaté un deuxième problème : le pain est trop grand pour la fente de mon grille-pain.

Avec comme résultat ceci :

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La cuisson du pain est soudainement devenue beaucoup plus complexe que ce que j’avais imaginé. Je devais changer le pain de côté après un certain temps pour tenter d’avoir une cuisson adéquate. À la sortie finale du grille-pain (une étape de massacre supplémentaire qui aurait bien nécessité une chirurgie de reconstruction au pain), je n’ai pu que constater que la cuisson était loin d’être uniforme.

J’ai mis cet échec sur le dos de mon absence de talent culinaire et j’ai répété l’expérience à quelques reprises afin de perfectionner l’art du hot-dog au grille-pain. Après de multiples essais négatifs, j’en ai malheureusement perdu l’envie de me faire des hot-dogs.

Jusqu’à cette semaine…

En faisant mon épicerie, je me suis retrouvé comme d’habitude dans la section de la boulangerie en repensant à mes deux maigres croûtes de pain tranché qui attendaient de moisir dans mon frigo jusqu’à ce que’elles finissent à la poubelle. Il me fallait du pain. Puis, en voyant les pains à hot-dogs, j’ai eu un flash: « Et si je faisais cuire mes croûtes dans mon grille-pain et que je les pliais autour d’une saucisse à hot-dog? »

Non, mais sérieusement! Qui a dit que ça prenait des pains à hot-dogs pour faire des hot-dogs? C’est la faute de la société de consommation dans laquelle nous vivons si notre cerveau a enregistré comme mécanisme qu’il faut impérativement acheter le pain à la forme appropriée pour se délecter d’un bon vieux roteux.

J’ai acheté un pain tranché bien ordinaire pour faire mes hot-dogs, et c’est là que l’arnaque m’est apparue au grand jour! Un paquet de pain à hot-dogs standard contient six ou huit pains, alors qu’un pain tranché standard contient en moyenne 18 tranches. C’est donc dire qu’avec un pain tranché, vous pouvez faire 10 hot-dogs de plus qu’avec un paquet de pains à hot-dogs. Le résultat en sera tout aussi savoureux et esthétique.

En voici la preuve :

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Avez-vous calculé les économies que cela constitue à l’échelle d’une vie? Tout dépend de la quantité de hot-dogs que vous mangez, bien évidemment, mais voici quelques calculs scientifiques avec comme source fiable un incontournable de l’alimentation québécoise, et j’ai nommé :  le site web d’IGA!

Le paquet de six pains à hot-dogs POM Smart coûte 3,19 $. (53 cennes par hot-dog)

Le pain tranché POM (18 tranches) coûte 3,49 $ (19 cennes par hot-dog)

Imaginez si le casse-croûte du coin, ou même si le centre Bell se mettait à faire ses hot-dogs avec du pain tranché. Il s’agit d’une économie de 34 cennes nette sur chaque hot-dog! Bon, je ne suis pas actuaire, mais selon la quantité de hot-dogs que vous mangez, il m’apparaît plus qu’évident que dans votre vie de tous les jours, cela pourrait faire la différence entre envoyer vos enfants à l’école publique ou à l’école privée!

Quoiqu’en y repensant, un haut taux de consommation de hot-dogs est probablement directement lié au célibat, ce qui diminue fortement les chances d’avoir des enfants.  Bref, il semble clair qu’une étude approfondie s’impose. Mais bon, pour ma part, je n’achèterai plus jamais de pains à hot-dogs…

 

 

*J’ai pris la peine googler écrapouti pour m’assurer que le mot existait vraiment. 

Ce n’est pas MA semaine

2012-11-06 14.50.12

Ça a l’air que c’est la semaines des personnes handicapées. J’étais pas au courant, je pensais juste que c’était la deuxième semaine de Roland-Garros.

J’ai un sérieux problème avec cette « semaine ». Celle des handicapés, pas l’autre. Le problème, c’est qu’elle existe. Et bon, je ne doute pas des bonnes intentions derrière sa création, mais je me sens un peu forcé d’y être associé sans mon consentement et ça me fait chier.

Si t’es gai et que tu veux pas aller à la parade de la fierté gaie, c’est ton choix. Mais si t’es handicapé et que tu veux pas être « dans ta semaine », ben t’as pas vraiment le choix quand même.

Je suis contre la ghettoïsation des minorités, peu importes lesquelles. Malgré toutes les bonnes intentions qui s’en dégagent, il y a toujours un énorme risque d’alimenter des préjugés, qu’ils soient favorables et défavorables.

Mon problème avec cette « semaine » de sensibilisation, c’est que dans un monde idéal, on en n’aurait pas besoin. Et par sa simple existence, elle rappelle au monde que les handicapés existent avec dans le front une grosse étiquette rouge de rabais de véhicule Toyota indiquant en grosses lettres « ceci est un handicapé ».

J’ai fait le choix de me tenir loin des organismes et associations des droits de la personne. Ils font un excellent travail et je ne veux surtout pas remettre en question leur existence. Il reste encore beaucoup de travail à faire et le Québec va frapper un mur d’ici quelques années à cause du vieillissement de la population. Le nombre de personnes qui auront besoin d’accès va monter en flèche pratiquement du jour au lendemain et les infrastructures sont loin d’être prêtes.

Alors pourquoi ne pas vouloir m’associer à tous ces mouvements? Parce que quand je rencontre quelqu’un et que je veux lui expliquer mon handicap, je vais prendre une bière avec. Et souvent, on n’en parle finalement même pas parce que ça n’a tout simplement pas d’importance. L’autre finit par arrêter de voir la chaise, et ça s’arrête là. Progressivement, l’autre va prendre conscience de tous les défis auxquels je suis confronté, mais ça ne viendra pas de moi. Et c’est beaucoup plus efficace de changer les mentalités comme ça. Sinon, j’aurais l’impression de passer ma vie à chialer.

On va finir par parler de ma maladie un jour. Je sais que ce moment-là va arriver dans des semaines, mois, années après notre rencontre. Mais à ce moment-là, l’idée que cette personne aura de moi sera déjà faite. Ça ne va pas influencer les fondements de qui je suis dans son esprit.

Et quand six mois plus tard, l’autre me demandera entre deux gorgées de café: « Hé, au fait, c’est quoi que t’as? » Je vais lui donner une copie de mon livre et lui répondre : « Tiens, j’ai écrit un scénario sur un enfant qui a ma maladie et j’explique tout dans le texte d’introduction avant le film ».