Ma critique de « Spectre »

par mcordey

Juste pour le plaisir (et parce que je suis dans l’autobus Québec-Montréal et que j’ai du temps à tuer), j’ai envie de vous faire ma critique de Spectre, le nouveau James Bond.

Spectre débute à la fin de Skyfall. Bond, désavoué par son agence, doit partir secrètement en mission afin de prouver qu’à l’ère des communications et des services de renseignements du 21e siècle, il est encore tout à fait pertinent d’être un tueur en série alcoolique et macho. Sur sa route, il croisera Monica Bellucci en insipide veuve (dont on découvrira qu’elle portait des sous-vêtements sexys le jour des funérailles de son mari « en cas que »), ainsi que Léa Seydoux, une multiple docteur en whatever, et spécialiste des armes à feux qui aime bien avoir du sexe après une éreintante bataille et ce, sans même soigner ses blessures ou encore prendre une douche. Bond et Swan (Seydoux) partent à la recherche de Chris Waltz, dont le réel exploit ici reste de ne pas jouer comme dans ses films avec Tarantino.

Bon, là vous allez vous dire : « Ouain, ça part bien… » Pourtant, j’ai bien aimé Spectre! Pour vrai!!! Mais… OK, il faut y mettre un bémol. Dans la foulée de cette méga-production de 300 millions de dollars de budget, il faut au final prendre le film pour ce qu’il est, et non pas pour ce qu’on essaie de nous faire croire qu’il est.

Si on prend Spectre seul dans toute la série des 007, il demeure un très bon film. Le problème, c’est qu’on nous l’a vendu comme l’aboutissement des trois films précédents. Et là, c’est tout à fait raté. Pourquoi? Parce que les scénaristes tentent de boucler une boucle qui n’a tout simplement jamais été ouverte. Spectre ne donne même pas envie de revoir les trois précédents pour en faire une relecture suite à cette « conclusion ». Les scénaristes se sont un perdus dans leur powertrip de vouloir tout mettre dans un même film avec comme fausse bonne idée de clôturer une tétralogie qui n’en n’est pas réellement une.

Dans l’ensemble, Spectre reste fidèle à la recette des James Bond et demeure un film très divertissant si on le prend tel qu’il est, sans penser à ce qui est venu avant. À 2h30, il aurait pu être resserré légèrement. Pour ce qui est de la direction photo et du montage, on est dans les codes du genre, tout simplement. Dernier détail, il m’a semblé que certains effets visuels auraient pu être encore un peu travaillés. Mais croyez-moi, c’était pas pour rentrer dans la saison des oscars qu’on l’a sorti comme prévu en Novembre.

En rafale :

On a beaucoup reproché à Monica Bellucci de ne pas parler de son personnage en entrevue. Avec du recul, force est d’admettre que c’est parce qu’il n’y avait tout simplement rien à dire.

Certaines scènes en Autriche (AKA la poursuite entre un avion et des VUS) utilise des véhicules immatriculés en Suisse.

Malgré ses 2,9 millions d’habitants, il est bon de savoir qu’il n’y a pas une voiture qui circule la nuit à Rome. Ça en fait la ville idéale pour une poursuite avec de luxueuses voitures de course.

L’agent 009 a des goûts musicaux de merde. (Ceux qui ont vu le film vont comprendre)

PS : Je donne un gros 0/10 à Cineplex pour la dégueulasse copie (que je soupçonne être du) 2K avec en prime des pixels gros comme mon pouce et un énorme « aliasing » clairement visible sur tous les titres des génériques. Vrai, la copie ne se détériore pas, mais tant qu’à ne pas avoir des projecteurs numériques de qualité suffisante pour la grosseur des écrans, ramenez-nous donc du bon vieux 35mm! J’aime mieux voir des scratches que des pixels.

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