CECI N'EST PAS UN BLOGUE

Catégorie : opinions

Faites ce que je dis, faites pas ce que je fais

Je n’écris pratiquement plus sur mon blogue. Manque d’inspiration, page blanche, ce que vous voulez… Je le garde actif parce que je me dis que ça peut toujours revenir n’importe quand, et surtout parce que c’est un excellent moyen de se défouler. Chaque fois que j’écris un texte et que je regarde les statistiques, je n’en reviens pas de la quantité de personnes qui me lisent. Alors premièrement, merci d’être là! Et deuxièmement, j’ai envie de vous raconter ma fin de semaine.

C’est l’histoire d’un gars en chaise roulante (moi) qui s’en va manger avec ses parents et sa soeur dans un resto de l’avenue Mont-Royal. Ça fait trois ans et demi que j’habite sur le Plateau, et c’est un trajet que j’ai fait des centaines de fois. Ce jour-là, j’ai un bref moment d’inattention. Ma chaise roule dans un nid de poule, bascule vers l’avant, et je tombe tête première sur le trottoir. Par réflexe, j’ai le temps de me retenir avec mes mains pour éviter que le choc soit trop violent. Mais je suis attaché et ma chaise est accrochée après moi. La première chose que je dis à mes parents, c’est « Détachez-moi!!!! » pour enlever la chaise.

Parenthèse.

C’est la quatrième fois que je bascule vers l’avant avec une chaise roulante. À chaque fois, j’étais attaché et je me suis toujours dit que si ça n’avait pas été le cas, je me serais sûrement moins blessé. Les compagnies qui fabriquent les chaises conçoivent des roues trop petites à l’avant, ce qui augmente automatiquement les chances de basculer à cause d’un petit obstacle. La vigilance est de mise, sans quoi vous vous retrouvez à écrire des anecdotes comme celle-ci sur votre blogue.

Fin de la parenthèse.

Mon père me détache de ma chaise et je suis assis sur le trottoir. J’ai mal au pied. Pas juste un peu. Ma tolérance à la douleur est quand même très forte étant donné que j’ai eu au-dessus de 150 fractures dans ma vie (demandez-moi pas le chiffre exact, j’ai arrêté de compter). Mais là, c’est la première fois que c’est sur le dessus du pied. Pour vous donner une idée, imaginez que vous vous cognez le petit nerf sensible du coude. Sauf que là, le nerf fait 2 pouces de large et 5 pouces de long. Et… ça… ne… passe… pas…

On mange au restaurant. Je vous fais pas un dessin de la grimace de douleur que j’ai dans la face tout le long. Et c’est là que LA question se pose : « veux-tu aller à l’hôpital? » Je sais pas quoi répondre. Mon premier feeling, étant donné mon expérience en la matière, c’est que mon pied n’est pas cassé. Mais je me suis déjà trompé, alors j’ai un doute.

Alors faites ce que je dis, faites pas ce que j’ai fait. Si ça vous arrive, allez à l’hôpital. J’y ai pas été, et voici pourquoi.

Chaque fois que je vais à l’urgence, je suis confronté au fait que ma maladie est tellement rare, que personne ou presque ne la connait. Les rayons-X sont plus difficiles à lire, ce qui veut dire que l’urgentologue de service voudra par défaut l’avis d’un spécialiste, qui n’est pas toujours là ou qui est dans une salle de chirurgie en train d’opérer un autre patient. Au moment de mon accident, on est un dimanche d’une fin de semaine de trois jours et le lundi est férié. Bref, si je vais à l’urgence pour une blessure orthopédique (donc considérée comme non-urgente), je m’expose à plusieurs (et quand je dis plusieurs, j’estime entre 24 à 36) heures d’attente considérant que le médecin spécialiste de qui l’urgentologue voudra l’avis est probablement en train d’ouvrir sa piscine dans son chalet à Tremblant. Tant qu’à attendre, aussi bien attendre chez moi en me disant : « si c’est encore comme ça mardi, j’irai à l’hôpital ».

Pour une raison que j’ignore, mon esprit est capable de faire abstraction de la douleur quand vient le temps de dormir. Ma tête part ailleurs, mes yeux se ferment. J’ai encore mal, mais ça fait partie de moi alors je deal avec.

Lundi.

Mon pied a enflé au point de doubler de volume. Je mets de la glace, je m’ouvre une bière, je mets ma bière sur mon pied. C’est décidé, mardi, je vais à l’hôpital. Ça fait mal en petit Jésus (pour ne pas dire que ça fait mal en criss…)

Mardi.

En me réveillant, je suis un peu sous le choc. Mon pied est encore aussi gros que celui d’un sumo, mais la douleur est passée de 11 sur 10 à 1 sur 10 pendant la nuit. Alors je décide d’attendre et de ne pas aller me taper des heures à l’urgence pour possiblement me faire dire que je n’ai rien. Je mets de la glace, je me rouvre une autre bière, je la mets encore sur mon pied.

Mercredi. (Aujourd’hui)

Mon pied est toujours aussi gros, mais j’ai de moins en moins mal. Mon feeling, c’est que j’ai une entorse avec possiblement une fracture sur le dessus du pied. Mais je n’irai pas à l’hôpital pour ça, parce que de toute façon, c’est un endroit qui ne s’immobilise pas. Exactement ce pourquoi je ne vais plus à l’hôpital non plus pour une fracture de côte. Je vais probablement me faire taper sur les doigts par mes amis qui travaillent dans le milieu de la santé, et c’est précisément pour ça que je vous dit de ne pas faire ce que j’ai fait, surtout si vous ne connaissez pas votre corps suffisamment.

Au final, je sais que je vais être correct. Vrai, j’ai pas été chanceux pour avoir la maladie que j’ai. Mais ce que je trouve le plus fâchant dans toute cette histoire, c’est que je me sens encore moins chanceux de m’être planté dans un nid de poule sur Mont-Royal dans un quartier des plus touristiques alors que les trottoirs ont l’air d’être ceux d’un pays en guerre.

Quand j’étais par terre sur le trottoir et que les passants s’arrêtaient, ils ne voyaient pas un gars en chaise roulante qui s’était planté. Ils disaient : « Même nous, quand on marche, on a de la misère à éviter les trous pour pas tomber ». Je suis prêt à vivre avec ma malchance en ce qui concerne ma maladie. Mais ça serait quand même un peu l’fun que nos élus soient plus responsables en ce qui concerne la sécurité de leurs citoyens.

Et je vous parle même pas de l’entretien en hiver…

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L’ère de la dépossession

Netflix. Shomi. Apple Music. Spotify. Etc. Tous fonctionnent sous le même principe, celui de l’abonnement à la bibliothèque. Pour 10$ par mois, tu as accès à tout, mais tu ne possèdes rien. Bref, la solution qu’on a trouvé pour contrer le piratage, c’est de déposséder l’utilisateur du contenu qu’on ne veut pas qu’il pirate.

Aujourd’hui, je regardais mon appartement et je me demandais : « qu’est-ce qui m’appartient exactement » ? J’ai une petite bibliothèque avec des livres et des DVD, ce qui permet de faire une approximation de mon âge. Je pense que je n’ai même pas de Blu-Ray. Et c’est pas en étant abonné à Netflix que je vais acheter plus souvent! Je vais acheter moins, mais lorsque j’achèterai, ce serai pour « posséder » et  non seulement pour « louer » 

Cette tendance de « dépossession » dépasse largement les industries culturelles : Uber. Car2Go. Bixi. Est-ce qu’une compagnie aérienne a déjà pensé offrir ce genre d’abonnement? Si ce n’est pas encore fait, ça ne saurait tarder.

Ce qui est frappant, c’est de constater comment cette tendance de la dépossession a explosé aussi rapidement. Ça en dit long sur nos comportements de société, et surtout sur la manière dont les entreprises souhaitent garder main mise sur leur contenu tout en fidélisant leur clientèle.

D’un autre côté, ce qui inquiète, c’est n’est pas tant la progression de la tendance à court terme, mais plutôt comment elle se matérialisera chez les plus jeunes : ceux qui vont grandir avec cette mentalité de « dépossession ». Les supports physiques sont à 2 doigts de se retrouver dans les musées. Nos enfants possèderont-ils encore quelque chose à part leur téléphone intelligent?

Et enfin, le plus grand piège dans cet univers de dépossession, c’est la médiocrité. Avec les changements de comportements des consommateurs viennent les changements de mentalités des créateurs. Le jour où tous les contenus se fonderont dans une bibliothèque virtuelle démesurée, quelle place laissera-t-on au contenu de qualité dans un océan de produits où il sera de plus en plus difficile de faire sa place?

On pourrait spéculer longtemps sur l’avenir, mais je crois fermement qu’il y a au moins une chose qui ne changera jamais : les gens seront toujours prêts à payer pour posséder un produit de qualité. Et ça, espérons que les compagnies et startups de ce monde ne vont pas l’oublier à l’heure où on nous dépossède de plus en plus!

Les médecins spécialistes, l’impôt et moi

Quand j’étais au CÉGEP, un de mes premiers emplois à vie a été de faire de la saisie de données de rapports d’impôts pour Revenu Québec. Parce que oui, il y a encore des gens qui font leur déclaration sur papier. C’était horrible. De soir, dans une salle commune de l’édifice Marly à Québec (pour ceux qui savent de quoi je parle), à entendre les claviers à l’infini. J’aurais pu devenir fou, mais j’en ai seulement fait une tendinite.

Je vous entends me dire : « Oui, mais Michel, pourquoi t’écoutais pas de la musique? ». On pouvait seulement écouter de la musique quand nos statistiques atteignaient un certain seuil sans faire d’erreurs. Ça a pris quelques temps avant qu’on m’autorise à mettre du Pink Floyd dans mon vieux « discman ».

Les rapports d’impôts, c’est assez simple. Une fois que les chiffres sont entrés, si ça balance, le chèque part dans le courrier automatiquement. La vérification se fait après, si vérification il y a. Car oui, à moins d’anomalies, les vérifications sont aléatoires.

Plusieurs années plus tard, j’ai pris un cours sur la fiscalité du travailleur autonome en cinéma et télévision. Le comptable qui nous enseignait nous a dit très clairement : « ceux qui vous disent que vous pouvez déduire X, Y, Z, c’est pas parce qu’ils ont raison, c’est juste parce qu’ils se sont pas fait pogner! » Ça a confirmé ce que je savais déjà. Sauf anomalies, les vérifications sont aléatoires.

Ce qui me mène à aujourd’hui.

Je dois 156$ à l’impôt. Cette année, j’ai eu la brillante idée de faire mon rapport d’impôt moi-même pour la première fois. Et j’ai fait une erreur dedans. Une niaiserie d’assurance médicaments.

Sauf que Revenu Québec, ils ont pas vraiment le sens d’humour. Quand ils décident que tu leur dois de l’argent, tu leur dois de l’argent. Au départ, j’ai reçu une belle grande lettre qui disait que je leur devais 600$. Je savais que c’était faux. J’avais peut-être fait une erreur, mais pas à ce point-là. Mais ce qui est stressant dans leur lettre, c’est pas le montant. C’est la mention qui précise que si tu ne donnes pas de réponse dans les 21 jours, ils prennent pour acquis que tu leur dois ce qu’ils te disent et tu n’as plus aucun recours.

Preuves à l’appui, le montant est descendu à 156$. Et l’ironie dans tout ça, c’est que l’employé de Revenu Québec a probablement été payé pas mal plus que 156$ juste pour travailler sur mon dossier.

Ce qui me mène à ceci : comment Philippe Couillard peut-il dire qu’il est impossible de récupérer les sommes payées en trop aux médecins spécialistes? Qu’est-ce qui empêche Revenu Québec de mettre ses méthodes au service de la RAMQ? Pour une fois, ne pourrait-on pas rendre ces vérifications « aléatoires » sur le revenu plus ciblées?

Je vais les payer, les 156$. Je les dois à la collectivité, même si mon erreur a finalement probablement couté plus cher à l’état que mon remboursement. Mais pourrait-on mettre les compétences de vérificateurs comme celui qui s’est obstiné sur mon cas au service de dossiers sur lesquels ont s’est pas mal plus fait avoir comme société?

Je pose la question. Voilà.

Ma critique de « Spectre »

Juste pour le plaisir (et parce que je suis dans l’autobus Québec-Montréal et que j’ai du temps à tuer), j’ai envie de vous faire ma critique de Spectre, le nouveau James Bond.

Spectre débute à la fin de Skyfall. Bond, désavoué par son agence, doit partir secrètement en mission afin de prouver qu’à l’ère des communications et des services de renseignements du 21e siècle, il est encore tout à fait pertinent d’être un tueur en série alcoolique et macho. Sur sa route, il croisera Monica Bellucci en insipide veuve (dont on découvrira qu’elle portait des sous-vêtements sexys le jour des funérailles de son mari « en cas que »), ainsi que Léa Seydoux, une multiple docteur en whatever, et spécialiste des armes à feux qui aime bien avoir du sexe après une éreintante bataille et ce, sans même soigner ses blessures ou encore prendre une douche. Bond et Swan (Seydoux) partent à la recherche de Chris Waltz, dont le réel exploit ici reste de ne pas jouer comme dans ses films avec Tarantino.

Bon, là vous allez vous dire : « Ouain, ça part bien… » Pourtant, j’ai bien aimé Spectre! Pour vrai!!! Mais… OK, il faut y mettre un bémol. Dans la foulée de cette méga-production de 300 millions de dollars de budget, il faut au final prendre le film pour ce qu’il est, et non pas pour ce qu’on essaie de nous faire croire qu’il est.

Si on prend Spectre seul dans toute la série des 007, il demeure un très bon film. Le problème, c’est qu’on nous l’a vendu comme l’aboutissement des trois films précédents. Et là, c’est tout à fait raté. Pourquoi? Parce que les scénaristes tentent de boucler une boucle qui n’a tout simplement jamais été ouverte. Spectre ne donne même pas envie de revoir les trois précédents pour en faire une relecture suite à cette « conclusion ». Les scénaristes se sont un perdus dans leur powertrip de vouloir tout mettre dans un même film avec comme fausse bonne idée de clôturer une tétralogie qui n’en n’est pas réellement une.

Dans l’ensemble, Spectre reste fidèle à la recette des James Bond et demeure un film très divertissant si on le prend tel qu’il est, sans penser à ce qui est venu avant. À 2h30, il aurait pu être resserré légèrement. Pour ce qui est de la direction photo et du montage, on est dans les codes du genre, tout simplement. Dernier détail, il m’a semblé que certains effets visuels auraient pu être encore un peu travaillés. Mais croyez-moi, c’était pas pour rentrer dans la saison des oscars qu’on l’a sorti comme prévu en Novembre.

En rafale :

On a beaucoup reproché à Monica Bellucci de ne pas parler de son personnage en entrevue. Avec du recul, force est d’admettre que c’est parce qu’il n’y avait tout simplement rien à dire.

Certaines scènes en Autriche (AKA la poursuite entre un avion et des VUS) utilise des véhicules immatriculés en Suisse.

Malgré ses 2,9 millions d’habitants, il est bon de savoir qu’il n’y a pas une voiture qui circule la nuit à Rome. Ça en fait la ville idéale pour une poursuite avec de luxueuses voitures de course.

L’agent 009 a des goûts musicaux de merde. (Ceux qui ont vu le film vont comprendre)

PS : Je donne un gros 0/10 à Cineplex pour la dégueulasse copie (que je soupçonne être du) 2K avec en prime des pixels gros comme mon pouce et un énorme « aliasing » clairement visible sur tous les titres des génériques. Vrai, la copie ne se détériore pas, mais tant qu’à ne pas avoir des projecteurs numériques de qualité suffisante pour la grosseur des écrans, ramenez-nous donc du bon vieux 35mm! J’aime mieux voir des scratches que des pixels.

USPP et les propos controversés

Aujourd’hui, je ressuscite Ceci n’est pas un blogue après plusieurs mois de pause, car j’avais envie de vous donner mon point de vue sur l’affaire d’Un souper presque parfait.

Pour ceux qui vivaient sur une autre planète depuis quelques jours, une candidate d’USPP a affirmé des propos controversés lors de l’émission prétendant que les handicapés n’ont pas leur place dans la société. S’en est suivie une vague de plaintes sur la page Facebook de l’émission. André Ducharme a défendu la décision de diffuser les propos de la participante en affirmant que de les cacher serait bien pire, et qu’il s’agissait du discours d’une participante majeure et vaccinée, et non des propos de l’émission. Depuis, la vague de plaintes a eu raison du montage. Le producteur et le diffuseur V ont annoncé que l’émission ne serait plus rediffusée tant que les propos n’avaient pas été retirés du montage.

Bon, pour ceux qui ne me connaissent pas personnellement et qui viennent de tomber sur ce texte, sachez que je suis moi-même handicapé de naissance. Par contre, ce n’est pas sur la stupidité des propos de la candidate que j’ai envie de m’étendre aujourd’hui. Il se trouve que je travaille en télé comme monteur et que j’ai eu moi aussi à me poser des centaines de fois LA question : « est-ce que je garde ça dans l’émission? »

Alors voilà. Je m’imagine facilement la situation où j’aurais pu me retrouver dans la salle de montage pour monter cette émission tout en étant confronté à des tels propos aussi blessants qu’ils puissent l’être personnellement. Et si cela avait été le cas, j’aurais dit à mon réalisateur : « je pense qu’on devrait couper ça du show ».

L’erreur dans toute cette histoire, c’est n’est pas d’avoir diffusé un propos controversé, mais d’avoir mal évalué le contexte pour le faire. Prenez exactement les mêmes phrases prononcées de la même manière, mais mettez-les dans la bouche d’un invité de Tout le monde en parle, ou encore dans un documentaire à RDI, et vous n’aurez pas cette vague de plaintes. En allumant leur télévision pour écouter USPP, les téléspectateurs n’avaient qu’une idée en tête : être divertis. Ils n’étaient pas prêts psychologiquement à être choqués en regardant une émission dont ce n’est pas le rôle de toute façon. En décidant de diffuser les propos de la candidate, l’émission s’est accidentellement appropriée un mandat qui n’est pas le sien, qui n’est pas ce qu’elle avait vendue comme « émotion » aux spectateurs. Alors voilà, je crois que c’est une erreur éditoriale d’abord et avant tout reliée au mandat de l’émission, et non directement liée aux propos de la candidate, même si ces derniers sont complètement stupides.

Est-ce qu’on devrait diffuser de tels propos à la télévision? Oui. Dans ce genre de contexte? Non. Et je n’appelle même pas ça de la censure. C’est simplement un choix éditorial de contenu qui doit s’appuyer sur le mandat de l’émission, comme cela se fait tous les jours dans toutes les salles de montage de la planète.

Je salue la décision du producteur et du diffuseur d’être revenu en arrière et de couper les propos de l’émission.

L’industrie culturelle

Cette semaine, un énième article faisait état de la situation précaire de la Cinémathèque québécoise et des rumeurs de son annexion à la BAnQ. Quelques heures plus tard, au dépôt du budget provincial, cette rumeur allait se concrétiser pour permettre au gouvernement de sauver des peanuts alors qu’au même moment, il diminuait les impôts des entreprises. 

Le milieu de la culture a eu son lot de de coupures au cours des dernières années autant du côté fédéral que provincial. On aura beau dire que la culture est subventionnée, nommez-moi un secteur de l’économie qui ne l’est pas? Un rapport de la Chambre de commerce de Montréal en 2013 estime que pour la région de la métropole seulement, près de 100 000 personnes travaillent dans le milieu culturel et les retombées économiques seraient de huit milliards de dollars. On ne parle pas ici d’un regroupement d’artistes émergents du Plateau, mais bien de la Chambre de commerce!

La culture ratisse large. Parmi les sous-secteurs culturels de ce même rapport, on retrouve aussi bien les promoteurs d’événements comme les festivals que les architectes et les établissements de patrimoine. Et j’en passe!

Mais au fait, qui défend les intérêts des entreprises culturelles au Québec? Après tout, il existe bel et bien un ministère dont c’est le mandat de veiller au rayonnement culturel!

Je suis allé faire un tour sur le site web de l’assemblée nationale pour voir qui avait occupé le poste de ministre de la culture au cours des dernières décennies. Après tout, on mets des médecins à la santé, des économistes et des fiscalistes aux finances, etc. Bon, il est faux de croire que chacun des ministères est occupé par des gens issus du milieu qu’ils représentent. Par contre, dans certains secteurs, cela semble une plus grande priorité. Et la question se pose tout de même : qui a représenté les intérêts culturels (et par déclinaison, identitaires) des québécois au cours des dernières décennies?

La ministre libérale actuelle, Hélène David (la soeur de l’autre et la petite fille du pavillon de l’UQÀM), a un doctorat en psychologie et a enseigné la psychopathologie à l’université de Montréal. Son prédécesseur le temps d’un court mandat, Maka Kotto, est le seul ministre récent a avoir eu une carrière dans le milieu culturel comme comédien. Christine St-Pierre n’en était pas trop éloignée à l’époque où elle était journaliste, mais elle couvrait la politique. Elle représentait beaucoup plus l’aspect « communications » du ministère de la culture et des communications. Il faut remonter à 1998 avec Agnès Maltais (qui a longtemps été dans le milieu du théâtre) pour trouver une autre personne provenant du milieu culturel. Avant elle, il faut revenir à Liza Frulla de 1990 à 1994 à l’époque où le ministère avait la dénomination d’être celui des « affaires culturelles » avant d’être plus tard renommé « de la culture ».

La réalité, c’est que seulement trois des 11 derniers ministres de la culture au cours des 25 dernières années sont issus du milieu culturel. Alors quand vient le temps de faire des compressions, de prendre des décisions, et de défendre la Cinémathèque par surcroît, j’ai beaucoup de difficulté à croire qu’une personne qui n’a pas vécu de l’intérieur les réalités du milieu puisse réellement défendre ses intérêts. À l’heure actuelle, même un médecin ministre de la santé arrive à se mettre à dos ceux qu’il devrait défendre et écouter. Alors pour ce qui est de la culture, on pourrait certainement faire mieux qu’une psy.

La solution ne peut pas passer uniquement par des mouvements de contestation comme ceux auxquels nous assistons présentement. Dans les fait, le milieu culturel est sous-représenté politiquement. Il faudra que davantage de personnalités issues de la culture fassent le saut en politique, et que les travailleurs de l’industrie se positionnent publiquement sur les enjeux qui les concernent eux et leur industrie. Malgré le cynisme, malgré le climat négatif. La représentation d’une industrie passe par la représentation ministérielle. Et il est plus que temps que la culture soit représentée par quelqu’un qui connaît l’industrie qu’elle représente.

Downtown Ste-Foy

Je suis de Québec et j’adore l’architecture et le design. Je vais donc m’octroyer le droit de commenter le projet d’édifice « Phare » à Ste-Foy.

Un proverbe dit : Des goûts et des couleurs, il ne faut pas discuter. Vrai! Sauf que,…

Sauf que voici…

Je ne suis vraiment pas en désaccord avec l’idée de développer Ste-Foy à l’approche des ponts et d’en faire le nouveau centre-ville. Quand on se promène dans le coin, le dédale de viaducs est aussi beau qu’une sculpture postmoderne faite par un aveugle. Présentement, le seul édifice qui ressort de la silhouette de la ville est un hôtel sur l’avenue Hochelaga et il n’a rien d’un chef-d’oeuvre d’architecture. C’est sans compter l’ancien hôtel-de-ville (qui porte aujourd’hui le nom de son ancienne mairesse) qui est probablement loin d’être un exemple enseigné dans les écoles de design, si ce n’est sous la rubrique Quoi ne pas faire?

Au-delà des laideurs existantes, le choix de design du « Phare » dépasse la simple idée de densifier Ste-Foy. Pensons à long terme. Pensons urbanisme. Pensons vision d’avenir. Pensons à ce qui s’ajoutera aux côtés du Phare. À supposer que Ste-Foy devienne vraiment le nouveau centre-ville, cet édifice n’est que le début. Il est donc de sa responsabilité non seulement de devenir la figure emblématique de cette porte d’entrée de la ville pour les années futures, mais surtout de dicter les règles de base d’une unité urbaine et architecturale qui devra unifier le développement du coin.

Et c’est là où ça devient un peu malaisant.

Le Phare a non seulement l’air d’un doigt avec un gros ongle (et j’ajouterais même d’un doigt d’honneur tout court quand on regarde l’ensemble du complexe d’un certain angle du côté Nord), mais j’ai mal à la simple idée d’imaginer Ste-Foy se développer avec des édifices du même style partout le long du boulevard Laurier. Ou pire encore, qu’il devienne unique en son genre au milieu d’autres gratte-ciels. Comme le dit si bien l’expression : Quand le doigt montre la Lune, l’idiot regarde le doigt!

Plus d’une décennie plus tard, on rit encore du Ameublement Tanguay dans le quartier Les Saules. (Pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, ça se passe par ici.) Peut-on par pitié s’éviter le même sort pour l’édifice dont la vue va nous confirmer qu’on approche des ponts? Et je vous épargne les blagues faciles sur le frigide « Complexe G », et celles sur le nouvel amphithéâtre dont les courbes ressemblent étrangement à celles d’un bassin utilisé dans les hôpitaux quand les patients alités ont besoin de faire un numéro deux. Le Château Frontenac doit commencer à se sentir bien seul!

Je vous laisse avec le lien vers un croquis que le caricaturiste du journal Le Soleil André-Philippe Côté publiait sur sa page Facebook ce matin!

Et n’oublions pas le grand perdant dans tout ça! Celui qui verra son rôle d’entrée dans la ville de Québec relégué au rang de second violon, et j’ai nommé : le Ashton de St-Nicolas…

Mon programme politique pour le Plateau

Dans la liste des choses avec qui j’ai une relation amour / haine, on retrouve les produits laitiers, Star Wars, les postérieurs des gens (étant donné que je me promène toujours à leur hauteur en chaise roulante), et mon quartier : le Plateau.

Mais bon, puisque le nouveau chef du Parti Rhinocéros du Canada est un de mes amis du secondaire, je me suis dit que je pourrais peut-être monter un programme électoral digne de ce nom en cas que. Vous me direz si ça a du sens!

Ce que je propose pour mon quartier?

  • Installer des pancartes indiquant : « Attention à nos hipsters, c’est peut-être le vôtre! »
  • Arrêter le déneigement l’hiver et le remplacer par un service de Bixi en Ski-Doo nommé Bixidoo.
  • Créer un cul-de-sac en séparant les avenues Mont-Royal et Frontenac et installer une pancarte qui dit : « Mont-Cul-De-Sac-Royal ».
  • Renommer tous les sens uniques du quartier avec le même nom. Les rues s’appelleront toutes « Luc-Ferrandez ». (Ce sera beaucoup plus simple de dire à votre taxi que vous allez au coin de Luc-Ferrandez et Luc-Ferrandez.)
  • Les commerces inaccessibles aux personnes à mobilité réduites étant largement majoritaires, cette majorité l’emporte, donc nous forcerons tous les commerces accessibles à ajouter une marche à leur entrée.
  • Augmenter le quota du nombre de centres de yoga de 4 à 7 par distance de 25 mètres.
  • Changer les parcomètres pour des parcocentimètres.
  • Engager des figurants pour faire la file devant le restaurant L’Avenue pendant les heures de fermeture pour que ça ait l’air plein 24h sur 24.
  • Mettre un hôtel de ville sur la rue Hôtel-de-Ville, une grosse roche sur la rue de la Roche, un St-Hubert sur la rue St-Hubert et déménager l’oratoire St-Joseph au coin de St-Joseph et St-André.
  • Installer des toilettes chimiques devant la Binerie Mont-Royal.
  • Créer un centre communautaire pour les juives hassidiques lesbiennes du Mile-End.
  • Enlever toutes les pancartes d’heures de stationnement et les remplacer par la formule suivante : quand vous vous stationnez devant un endroit, regardez l’adresse. Puis, additionnez les deux premiers chiffres et les deux derniers chiffres. Cela va vous donner les heures auxquelles vous avez le droit de vous stationner la semaine. Pour la fin de semaine, soustrayez ces chiffres du nombre de pas qui vous séparent du centre de yoga le plus proche. En cas de doute entre deux centres, choisissez toujours le centre de yoga le plus au sud. Pour connaître les horaires lors des jours de pleine lune, multipliez le nombre de lettres dans le nom de la rue par la quantités de trottoirs fermés dans les 50 mètres, ce qui va vous donner le nombre de minutes par heure où vous pouvez vous stationner lorsque le vent vient de l’est. Lorsque le vent vient de l’ouest, comptez le nombre de terrasses qui débordent sur la rue dans les 100 mètres et ajoutez 51,5. Si la température dépasse 25 degrés Celsius ou descend sous les -10, comptez les tweets de Denis Coderre dans les dernières 72 heures et divisez les par le nombre de cyclistes que vous seriez capable de frapper en ouvrant votre portière dans les huit prochaines secondes.

Voilà! Tout serait tellement plus simple ça! Vous avez d’autres idées? Laissez un commentaire ci-dessous!

Petit pétage de coche de fin de soirée

C’est le cas de le dire, Postes Canada mets le paquet quand vient le temps de montrer son incompétence. Sérieusement, j’ai à peu près autant d’affection pour eux que pour la bouffe passée date dans mon frigidaire. Quand j’entends parler des leurs problèmes financiers, je suis vraiment coincé entre deux réactions : l’absence de surprise totale dans l’indifférence, et la rage de crier « Non, mais vous vous attendiez à quoi??? »

Et chaque fois que je vois leur insignifiante pub télé qui a probablement coûté quelques millions de timbres, ma réaction ressemble à peu près à ceci :

Dans cette sublime publicité mettant en vedette un magnifique panier rouge qui se promène dans des « beauty shots » de Londres, de New York et d’une cabane à sucre, on nous dit que « bientôt, un bon nombre d’entre nous vont magasiner en ligne ». Allo, déparement marketing??? On arrive en 2015 SVP???!!! Non, mais quelle belle preuve de leur déconnection de la réalité! Et voulez-vous bien me dire c’est quoi le rapport de la cabane à sucre dans votre publicité? C’est qui qui se commande du sirop d’érable par internet? 

Et comme si ce n’était pas assez, cette même entreprise qui essaie de nous convaincre à coup de campagnes publicitaires de lui confier le transport de nos précieux achats faits en ligne se retrouve paradoxalement incapable de nous livrer de simples lettres à la maison et se prépare à l’installation massive de boîtes postales pour arrêter de faire du porte à porte. Bravo les champions! L’expression « passer comme une lettre à la poste » est plutôt en train de devenir un synonyme de constipation. 

Mais ce n’est pas tout. Savez-vous ce qui m’enrage le plus de Postes Canada? C’est l’existence d’Expressposte. Parce que dans les faits, ils sont parfaitement capables de livrer du courrier dès le lendemain, mais ils retardent volontairement la livraison du courrier dit normal pour justifier l’existence d’un service rapide à gros prix. Ce qui fait que si (comme moi) il vous arrive de faire du travail comme travailleur autonome et que votre client a pas trop trop envie de vous envoyer votre chèque par Purolator (ce qui est quand même normal), vous vous retrouvez à être victime d’un ralentissement volontaire du système dit normal de la poste. Et bientôt, vous allez même devoir marcher quelques centaines de mètres pour avoir le privilège de sacrer devant de votre boîte postale vide.

Et la paperasse de coupons rabais et d’enveloppes publicitaires qu’on nous livre toujours avec une régularité AllBranesque, est-ce que ça a été envoyé par Expressposte, ça?

Peut-être faudrait-il rappeler aux dirigeants de cette entreprise que c’est la compétitivité et l’efficacité qui va convaincre le commun des mortels d’utiliser leurs services. Et présentement, ils ne sont ni compétitifs, ni efficaces, et montrent de sérieux signes de déconnection de la réalité.

Malédictions!

Ceux qui lisent régulièrement ce blogue savent pertinemment que je n’exagère jamais. Je me permets une trêve de plaisanteries ici (ou pas) afin de vous parler d’un sujet extrêmement sérieux (ou pas) qui a fait grimper l’empathie en moi à des sommets inatteignables (ou pas).

D’abord, petite mise en contexte. Je fais souvent des blagues avec le fait qu’il nous arrive régulièrement (moi et ma chaise roulante) de rencontrer des génies de l’école nationale de l’humour qui ont la brillante idée de lancer spontanément avec une voix de mononc’ cochon l’hilarante (not) phrase : « Roule pas trop vite, tu vas pogner un ticket! »! D’ailleurs, mon record personnel en la matière est de trois fois en l’espace d’une minute sur l’avenue Mont-Royal, mais ça c’est une autre histoire. À noter aussi la variante hivernale qui est tout aussi nullement désopilante : « As-tu mis tes pneus d’hiver? »

Même si mes excès de politesse me font généralement répondre : « Haha, c’est la première fois que je l’entends…….. aujourd’hui! », la vérité, c’est que c’est plutôt un « Aaah, ta yeule » qui me traverse l’esprit à chaque fois. Et je vis avec cette malédiction depuis plus de deux décennies…

Mais récemment, je me suis rendu compte qu’il existait un groupe de la population qui était beaucoup plus assujetti que moi à être victime d’allusions plates sur une base quotidienne. Au point de réaliser que ma situation est loin d’être si pire que ça finalement.

Ce groupe, ce sont les filles qui s’appellent Roxanne. Mesdames et mesdemoiselles, j’ai mal pour vous. Je n’ose même pas imaginer la quantité de fois par jour dont vous devez être victimes de références (plates) à la toune de The Police dont la seule réelle qualité est de rester pognée dans la tête des gens (on va se dire les vraies affaires). Ça doit être aussi insupportable que la toune elle-même.

Chers futurs parents, rendez service à votre fille et ne l’appelez surtout pas Roxanne. Elle ne vous en remerciera peut-être jamais, mais si vous faites l’inverse, son nom deviendra une malédiction qui la transformera en victime d’allusions plates pour le restant de ses jours.

Messieurs, j’ai aussi un conseil pour vous. La prochaine fois que vous voulez aborder une Roxanne dans un bar, récitez-lui donc un extrait de Cyrano de Bergerac (sauf si vous êtes à Laval) au lieu d’essayer en vain d’atteindre des notes que vous n’arriverez jamais à chanter sur un ton juste sans vous squeezer les testicules dans un presse-citron.

Et à toutes les chères Roxanne de ce monde, je partage votre souffrance et je suis de tout coeur avec vous. Le seul réel conseil que je peux vous donner pour survivre dans ce monde cruel, c’est de faire changer votre nom pour Eleonore Rigby. Ça devrait régler votre problème, sauf si vous tombez sur un violoncelliste.