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Mois : janvier, 2015

Petit pétage de coche de fin de soirée

C’est le cas de le dire, Postes Canada mets le paquet quand vient le temps de montrer son incompétence. Sérieusement, j’ai à peu près autant d’affection pour eux que pour la bouffe passée date dans mon frigidaire. Quand j’entends parler des leurs problèmes financiers, je suis vraiment coincé entre deux réactions : l’absence de surprise totale dans l’indifférence, et la rage de crier « Non, mais vous vous attendiez à quoi??? »

Et chaque fois que je vois leur insignifiante pub télé qui a probablement coûté quelques millions de timbres, ma réaction ressemble à peu près à ceci :

Dans cette sublime publicité mettant en vedette un magnifique panier rouge qui se promène dans des « beauty shots » de Londres, de New York et d’une cabane à sucre, on nous dit que « bientôt, un bon nombre d’entre nous vont magasiner en ligne ». Allo, déparement marketing??? On arrive en 2015 SVP???!!! Non, mais quelle belle preuve de leur déconnection de la réalité! Et voulez-vous bien me dire c’est quoi le rapport de la cabane à sucre dans votre publicité? C’est qui qui se commande du sirop d’érable par internet? 

Et comme si ce n’était pas assez, cette même entreprise qui essaie de nous convaincre à coup de campagnes publicitaires de lui confier le transport de nos précieux achats faits en ligne se retrouve paradoxalement incapable de nous livrer de simples lettres à la maison et se prépare à l’installation massive de boîtes postales pour arrêter de faire du porte à porte. Bravo les champions! L’expression « passer comme une lettre à la poste » est plutôt en train de devenir un synonyme de constipation. 

Mais ce n’est pas tout. Savez-vous ce qui m’enrage le plus de Postes Canada? C’est l’existence d’Expressposte. Parce que dans les faits, ils sont parfaitement capables de livrer du courrier dès le lendemain, mais ils retardent volontairement la livraison du courrier dit normal pour justifier l’existence d’un service rapide à gros prix. Ce qui fait que si (comme moi) il vous arrive de faire du travail comme travailleur autonome et que votre client a pas trop trop envie de vous envoyer votre chèque par Purolator (ce qui est quand même normal), vous vous retrouvez à être victime d’un ralentissement volontaire du système dit normal de la poste. Et bientôt, vous allez même devoir marcher quelques centaines de mètres pour avoir le privilège de sacrer devant de votre boîte postale vide.

Et la paperasse de coupons rabais et d’enveloppes publicitaires qu’on nous livre toujours avec une régularité AllBranesque, est-ce que ça a été envoyé par Expressposte, ça?

Peut-être faudrait-il rappeler aux dirigeants de cette entreprise que c’est la compétitivité et l’efficacité qui va convaincre le commun des mortels d’utiliser leurs services. Et présentement, ils ne sont ni compétitifs, ni efficaces, et montrent de sérieux signes de déconnection de la réalité.

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La théorie des reprises télé

Ce matin, je me suis réveillé beaucoup trop tôt et alors que je fixais mon insipide plafond blanc bien couché sous mes couvertes, je me suis mis à penser au voyage de le temps. Faut croire que c’est une façon comme une autre de se réveiller.

Stephen Hawking a déjà dit que le voyage dans le temps était probablement impossible étant donné que nous n’avions pas reçu de visite du futur. Bon point Stephen. D’autres pensent plutôt que si des voyageurs du futur venaient à notre époque, ils se cacheraient pour ne pas influencer le cours des choses et scrapper la suite, y compris leur propre existence. Pas bête non plus. Quiconque a vu Back To The Future sait que c’est pas tant une bonne idée d’aller modifier le passé. Pour une fois qu’une affaire des années 80 sert à quelque chose d’autre que juste être laid, on se gênera pas pour s’en servir! Quoique je dis ça et je suis né en 1985, mais bon… oubliez ça. 

Voici où je veux en venir : et si Stephen Hawking était dans le champ? Ce matin, alors que j’étais incapable de me rendormir, je me suis dit que les visiteurs du futur ne venaient peut-être pas nous voir tout simplement parce que notre époque est plate. C’est ce que j’appelle « la théorie des reprises télé ».

Je m’explique. Prenons pour acquis deux secondes que le voyage dans les temps est possible (sinon, je comprends vraiment pas comment ça se fait que vous êtes encore en train de lire ce texte-là). Le futur, c’est un peu comme l’évolution des émissions de télévision. Il y a toujours une évolution ou un changement qui devient caractéristique de l’époque où l’émission a été faite. Le téléspectateur consomme les émissions (l’équivalent de vivre l’instant présent) sans se rendre compte du changement au jour le jour, mais lorsqu’il tombe sur une reprise qui date, il est capable de l’identifier à l’époque d’où elle est issue. Comme quand on tombe sur une vieille photo.

Autrement dit, pour l’humain du futur qui consomme le temps comme des émissions de télé, notre époque représente l’équivalent d’un vieil épisode d’Un homme et son péché qui passe en reprise depuis des années. Pour lui, c’est du déjà vu. Ça l’intéresse beaucoup moins de revisiter cette époque-là que de regarder le nouvel épisode de 19-2 qui vient de sortir. Vous me suivez?

Tout cela m’amène à l’utilité du voyage dans le temps. À supposer qu’il ne faille pas modifier le passé pour ne pas influencer le cours des choses, à quoi servirait le voyage dans le temps? Simple! À la vérifications de faits historiques sur lesquels nous avons des doutes : la construction des pyramides, l’assassinat de JFK, etc. Et puisque nous vivons à une époque qui est extrêmement documentée avec toutes les technologies que nous avons, il ne sert pas à grand chose de revenir au 21e siècle pour vérifier quoi que ce soit.

Pensez-y un instant! Les humains du futur ont sans doute pour des dizaines de siècles (sinon de millénaires) d’historique d’internet (et de statuts Facebook) à éplucher pour comprendre comment nous vivions en 2015. Et ça, pour eux, c’est un peu comme l’équivalent de réécouter Un homme et son péché : c’est clairement vintage et pas si bon que ça (il connaissent l’épisode par coeur), ça trahit un peu trop l’époque, et c’est pas particulièrement l’fun quand t’es pogné pour l’endurer.

Si voyage dans le temps il y a un jour, il servira probablement uniquement à clarifier les cours d’histoire en allant contre-vérifier certains faits et évènements, à défaut de pouvoir y changer quoi que ce soit. Ce qui laisse aussi croire que la potentielle existence du voyage dans le temps laisse présager une époque où il n’y aura pratiquement plus du mystères, car tout pourra être vérifié. Et tant qu’à faire, j’espère que quelqu’un du futur va aussi vérifier que je suis le premier à être arrivé avec cette théorie-là!

Pour terminer, je vais faire mon réalisateur-cinéphile en vous invitant à voir mes deux incontournables en matière de voyage dans le temps : La jetée (1962) et Happy Accidents (2000). Bonne écoute!

Malédictions!

Ceux qui lisent régulièrement ce blogue savent pertinemment que je n’exagère jamais. Je me permets une trêve de plaisanteries ici (ou pas) afin de vous parler d’un sujet extrêmement sérieux (ou pas) qui a fait grimper l’empathie en moi à des sommets inatteignables (ou pas).

D’abord, petite mise en contexte. Je fais souvent des blagues avec le fait qu’il nous arrive régulièrement (moi et ma chaise roulante) de rencontrer des génies de l’école nationale de l’humour qui ont la brillante idée de lancer spontanément avec une voix de mononc’ cochon l’hilarante (not) phrase : « Roule pas trop vite, tu vas pogner un ticket! »! D’ailleurs, mon record personnel en la matière est de trois fois en l’espace d’une minute sur l’avenue Mont-Royal, mais ça c’est une autre histoire. À noter aussi la variante hivernale qui est tout aussi nullement désopilante : « As-tu mis tes pneus d’hiver? »

Même si mes excès de politesse me font généralement répondre : « Haha, c’est la première fois que je l’entends…….. aujourd’hui! », la vérité, c’est que c’est plutôt un « Aaah, ta yeule » qui me traverse l’esprit à chaque fois. Et je vis avec cette malédiction depuis plus de deux décennies…

Mais récemment, je me suis rendu compte qu’il existait un groupe de la population qui était beaucoup plus assujetti que moi à être victime d’allusions plates sur une base quotidienne. Au point de réaliser que ma situation est loin d’être si pire que ça finalement.

Ce groupe, ce sont les filles qui s’appellent Roxanne. Mesdames et mesdemoiselles, j’ai mal pour vous. Je n’ose même pas imaginer la quantité de fois par jour dont vous devez être victimes de références (plates) à la toune de The Police dont la seule réelle qualité est de rester pognée dans la tête des gens (on va se dire les vraies affaires). Ça doit être aussi insupportable que la toune elle-même.

Chers futurs parents, rendez service à votre fille et ne l’appelez surtout pas Roxanne. Elle ne vous en remerciera peut-être jamais, mais si vous faites l’inverse, son nom deviendra une malédiction qui la transformera en victime d’allusions plates pour le restant de ses jours.

Messieurs, j’ai aussi un conseil pour vous. La prochaine fois que vous voulez aborder une Roxanne dans un bar, récitez-lui donc un extrait de Cyrano de Bergerac (sauf si vous êtes à Laval) au lieu d’essayer en vain d’atteindre des notes que vous n’arriverez jamais à chanter sur un ton juste sans vous squeezer les testicules dans un presse-citron.

Et à toutes les chères Roxanne de ce monde, je partage votre souffrance et je suis de tout coeur avec vous. Le seul réel conseil que je peux vous donner pour survivre dans ce monde cruel, c’est de faire changer votre nom pour Eleonore Rigby. Ça devrait régler votre problème, sauf si vous tombez sur un violoncelliste.

Petites histoires de calendrier

Le mois de février arrive à grands pas et j’ai toujours un petit pincement au coeur, car c’est le mois de l’année qui coûte le plus cher. Pas seulement pour moi! On se fait tous un peu arnaquer à chaque deuxième mois de l’année parce que le prix de toutes nos mensualités reste le même alors qu’on en profite deux ou trois jours de moins. Que ce soit le loyer, le câble, le téléphone, l’internet, le journal, etc.

Pour être franc, je suis pas mal certain que le Pape Grégoire XIII se foutait un peu du prix mensuel de mon abonnement à vidéotron quand il a instauré le calendrier grégorien au XVIe siècle. Mais à quoi ressemblerait un calendrier qui aurait de l’allure pour nous en 2015?

J’ai jamais été très bon en maths, mais je me suis quand même penché sur la question pour imaginer un nouveau système de dates qui viendrait régler le problème du mois de février. Pour la forme, on va appeler ça le calendrier Cordeyien.

Afin de respecter l’idée d’avoir des années de 365 jours, le calendrier Cordeyien serait constitué de six mois : cinq mois de 61 jours et un mois de 60 jours. Les années bissextiles auraient très exactement six mois de 61 jours. Fini le maudit truc des jointures dont on se souvient jamais pour essayer de savoir si c’est un mois de 30 ou 31 jours qu’on va avoir dans six mois.

Au Québec, nos saisons s’appelleraient le printemps, l’été, l’automne, le début de l’hiver, l’hiver et l’ostie d’hiver qui finit pu.

Pour le fun, je me suis amusé à savoir quelle serait ma date de fête dans le calendrier Cordeyien en prenant pour acquis que le mois de 60 jours serait l’hiver et qu’il commencerait le 1er janvier actuel. Je serais né le 15 du cinquième mois, l’automne, au lieu du 15 septembre. Un sacrifice que je serais bien prêt à accepter si ça peut faire disparaître le seul mois de 28 jours qui vient fucker le système.

Malheureusement, j’ai bien peur ce que ne soit pas demain la veille qu’on adopte le calendrier Cordeyien pour sauver deux jours de facturation au mois de février. J’imagine déjà les manifestations d’astrologues qui s’insurgeraient contre l’idée de perdre leur système de prédiction de l’avenir en menaçant que les balances prennent du poids, que les cancers meurent tous d’un seul coup, que vierges perdent leur virginité, et que le groupe Scorpions revienne en force.

Ça, c’est sans compter les coûts que ça engendrerait de transposer les dates de fêtes de tout le monde afin de créer des nouveaux documents officiels comme des passeports et des permis de conduire.

Bon… C’est peut-être un peu trop de trouble pour pas grand chose dans le fond. Tant pis. On se fera avoir le mois prochain… Tout ça à cause d’un Pape qui a pas pensé à nos forfaits de iPhone y’a 500 ans. 

L’effet miroir

Les gens s’identifient aux symboles. Ils font une corrélation directe entre ces derniers et leurs valeurs. Comme un miroir qui remet parfois en pleine gueule quelque chose de laid qu’on n’a pas envie de voir. Un gros bouton, un nez croche, une tache de naissance…

Chaque fois qu’un drame de l’ampleur de celui de cette semaine survient, la victime devient un symbole, qu’elle le veuille ou non. Celui de l’indignation, de l’incompréhension, de la solidarité, etc. Et généralement, plus le drame est fort, plus l’effet miroir devrait être puissant. Ça a été le cas cette semaine, si on en juge par la réaction à l’échelle planétaire. Le monde s’est senti concerné, qu’on connaisse la victime ou non et qu’on approuve de son irrévérence ou non. Sauf exceptions, le gros bon sens a dépassé les valeurs et les croyances. Si cela arrivait plus souvent, on y gagnerait tous collectivement.

L’ampleur de cette réaction est plutôt rassurante. En ce siècle de cynisme, on reproche trop souvent l’indifférence, et pour une fois, ça n’aura pas été le cas. Et ça, ça fait du bien. Ça ne remonte pas le temps, ça ne guérit rien, mais ça montre qu’il reste encore un peu d’humanité pour combattre l’inhumain. Qu’on connaisse la victime ou non et qu’on approuve de son irrévérence ou non.

Pour conclure, et surtout, pour mieux comprendre d’où tout cela est parti, ceci est à voir.