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Catégorie : télévision

Le budget de House of Cards

J’ai terminé la saison 3 de House of Cards la nuit dernière. Ne vous inquiétez pas, je ne révélerai rien du contenu de la série. C’est plutôt de chiffres dont j’ai envie de discuter.

Bien que cette saison soit très bonne (sans être à la hauteur des deux premières selon moi), elle sent un peu trop les coupures dans le budget de la production.

Pour mieux comprendre, revenons d’abord quelque peu en arrière dans le temps.

Quand il a été annoncé que Netflix se lançait dans la production de contenu original avec House of Cards, le chiffre de 100 millions pour les 26 épisodes des deux premières saisons a beaucoup circulé. Ce montant n’a cependant jamais été officiellement confirmé par les producteurs.

Dans un article de Variety, on stipule qu’une source bien au fait du dossier aurait avancé le chiffre de 4,5 millions par épisode. Si on multiplie par 26, cela fait grimper le budget à 117 millions pour les deux premières saisons. Tous ces billets verts, c’est sans compter les rumeurs voulant que David Fincher (réalisateur des deux premiers épisodes de la saison 1 et producteur exécutif de l’ensemble de l’oeuvre) aurait menacé de quitter le projet si on n’arrivait pas à trouver plus d’argent.

Concrètement, ce qui m’amène à croire qu’il y a eu des coupes majeures dans la saison trois, c’est qu’elle sent un peu trop le studio. On y retrouve beaucoup plus de scènes intérieures que dans les deux premières saisons, les mêmes décors reviennent très (trop) souvent, et c’est sans compter les rassemblements politiques qui sont bien modestes en terme de figuration pour un pays axé sur la démesure. On a beaucoup plus l’impression d’être dans un huis-clos politique qu’au coeur de la société américaine.

J’étais curieux de savoir quel avait été le budget de la saison trois. Impossible de trouver une source sur ce sujet à l’heure actuelle. En fouillant sur internet, on retrouve plutôt des articles témoignant d’une intense bataille entre les producteurs et l’État du Maryland concernant les millions en crédit d’impôt reçus par la production. L’état aurait été jusqu’à menacer de saisir les biens de la production si elle quittait pour un autre lieu de tournage. Sans être une confirmation sur l’ensemble des coupes, il s’agit quand même d’un bon indice quant aux probables diminutions du budget.

Cela étant dit, je ne suis pas trop inquiet pour l’avenir de la série. Il paraît impensable qu’elle se termine de cette façon, et Netflix, qui récemment annoncé son intention d’emprunter 1 milliard de dollars pour financer son expansion, attend probablement simplement que le dernier épisode ait été visionné suffisamment avant d’annoncer le renouvellement de la série. 

Sans vouloir spéculer sur la tournure des événements dans une hypothétique quatrième saison, j’ai tout de même l’impression que Frank Underwood ne s’éloignera pas trop de la Maison Blanche. Après tout, tant qu’à avoir payé pour faire construire tous ces somptueux décors (incluant l’intérieur de l’Air Force One), ce serait quand même bien dommage de ne pas les utiliser!

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Petit pétage de coche de fin de soirée

C’est le cas de le dire, Postes Canada mets le paquet quand vient le temps de montrer son incompétence. Sérieusement, j’ai à peu près autant d’affection pour eux que pour la bouffe passée date dans mon frigidaire. Quand j’entends parler des leurs problèmes financiers, je suis vraiment coincé entre deux réactions : l’absence de surprise totale dans l’indifférence, et la rage de crier « Non, mais vous vous attendiez à quoi??? »

Et chaque fois que je vois leur insignifiante pub télé qui a probablement coûté quelques millions de timbres, ma réaction ressemble à peu près à ceci :

Dans cette sublime publicité mettant en vedette un magnifique panier rouge qui se promène dans des « beauty shots » de Londres, de New York et d’une cabane à sucre, on nous dit que « bientôt, un bon nombre d’entre nous vont magasiner en ligne ». Allo, déparement marketing??? On arrive en 2015 SVP???!!! Non, mais quelle belle preuve de leur déconnection de la réalité! Et voulez-vous bien me dire c’est quoi le rapport de la cabane à sucre dans votre publicité? C’est qui qui se commande du sirop d’érable par internet? 

Et comme si ce n’était pas assez, cette même entreprise qui essaie de nous convaincre à coup de campagnes publicitaires de lui confier le transport de nos précieux achats faits en ligne se retrouve paradoxalement incapable de nous livrer de simples lettres à la maison et se prépare à l’installation massive de boîtes postales pour arrêter de faire du porte à porte. Bravo les champions! L’expression « passer comme une lettre à la poste » est plutôt en train de devenir un synonyme de constipation. 

Mais ce n’est pas tout. Savez-vous ce qui m’enrage le plus de Postes Canada? C’est l’existence d’Expressposte. Parce que dans les faits, ils sont parfaitement capables de livrer du courrier dès le lendemain, mais ils retardent volontairement la livraison du courrier dit normal pour justifier l’existence d’un service rapide à gros prix. Ce qui fait que si (comme moi) il vous arrive de faire du travail comme travailleur autonome et que votre client a pas trop trop envie de vous envoyer votre chèque par Purolator (ce qui est quand même normal), vous vous retrouvez à être victime d’un ralentissement volontaire du système dit normal de la poste. Et bientôt, vous allez même devoir marcher quelques centaines de mètres pour avoir le privilège de sacrer devant de votre boîte postale vide.

Et la paperasse de coupons rabais et d’enveloppes publicitaires qu’on nous livre toujours avec une régularité AllBranesque, est-ce que ça a été envoyé par Expressposte, ça?

Peut-être faudrait-il rappeler aux dirigeants de cette entreprise que c’est la compétitivité et l’efficacité qui va convaincre le commun des mortels d’utiliser leurs services. Et présentement, ils ne sont ni compétitifs, ni efficaces, et montrent de sérieux signes de déconnection de la réalité.

La théorie des reprises télé

Ce matin, je me suis réveillé beaucoup trop tôt et alors que je fixais mon insipide plafond blanc bien couché sous mes couvertes, je me suis mis à penser au voyage de le temps. Faut croire que c’est une façon comme une autre de se réveiller.

Stephen Hawking a déjà dit que le voyage dans le temps était probablement impossible étant donné que nous n’avions pas reçu de visite du futur. Bon point Stephen. D’autres pensent plutôt que si des voyageurs du futur venaient à notre époque, ils se cacheraient pour ne pas influencer le cours des choses et scrapper la suite, y compris leur propre existence. Pas bête non plus. Quiconque a vu Back To The Future sait que c’est pas tant une bonne idée d’aller modifier le passé. Pour une fois qu’une affaire des années 80 sert à quelque chose d’autre que juste être laid, on se gênera pas pour s’en servir! Quoique je dis ça et je suis né en 1985, mais bon… oubliez ça. 

Voici où je veux en venir : et si Stephen Hawking était dans le champ? Ce matin, alors que j’étais incapable de me rendormir, je me suis dit que les visiteurs du futur ne venaient peut-être pas nous voir tout simplement parce que notre époque est plate. C’est ce que j’appelle « la théorie des reprises télé ».

Je m’explique. Prenons pour acquis deux secondes que le voyage dans les temps est possible (sinon, je comprends vraiment pas comment ça se fait que vous êtes encore en train de lire ce texte-là). Le futur, c’est un peu comme l’évolution des émissions de télévision. Il y a toujours une évolution ou un changement qui devient caractéristique de l’époque où l’émission a été faite. Le téléspectateur consomme les émissions (l’équivalent de vivre l’instant présent) sans se rendre compte du changement au jour le jour, mais lorsqu’il tombe sur une reprise qui date, il est capable de l’identifier à l’époque d’où elle est issue. Comme quand on tombe sur une vieille photo.

Autrement dit, pour l’humain du futur qui consomme le temps comme des émissions de télé, notre époque représente l’équivalent d’un vieil épisode d’Un homme et son péché qui passe en reprise depuis des années. Pour lui, c’est du déjà vu. Ça l’intéresse beaucoup moins de revisiter cette époque-là que de regarder le nouvel épisode de 19-2 qui vient de sortir. Vous me suivez?

Tout cela m’amène à l’utilité du voyage dans le temps. À supposer qu’il ne faille pas modifier le passé pour ne pas influencer le cours des choses, à quoi servirait le voyage dans le temps? Simple! À la vérifications de faits historiques sur lesquels nous avons des doutes : la construction des pyramides, l’assassinat de JFK, etc. Et puisque nous vivons à une époque qui est extrêmement documentée avec toutes les technologies que nous avons, il ne sert pas à grand chose de revenir au 21e siècle pour vérifier quoi que ce soit.

Pensez-y un instant! Les humains du futur ont sans doute pour des dizaines de siècles (sinon de millénaires) d’historique d’internet (et de statuts Facebook) à éplucher pour comprendre comment nous vivions en 2015. Et ça, pour eux, c’est un peu comme l’équivalent de réécouter Un homme et son péché : c’est clairement vintage et pas si bon que ça (il connaissent l’épisode par coeur), ça trahit un peu trop l’époque, et c’est pas particulièrement l’fun quand t’es pogné pour l’endurer.

Si voyage dans le temps il y a un jour, il servira probablement uniquement à clarifier les cours d’histoire en allant contre-vérifier certains faits et évènements, à défaut de pouvoir y changer quoi que ce soit. Ce qui laisse aussi croire que la potentielle existence du voyage dans le temps laisse présager une époque où il n’y aura pratiquement plus du mystères, car tout pourra être vérifié. Et tant qu’à faire, j’espère que quelqu’un du futur va aussi vérifier que je suis le premier à être arrivé avec cette théorie-là!

Pour terminer, je vais faire mon réalisateur-cinéphile en vous invitant à voir mes deux incontournables en matière de voyage dans le temps : La jetée (1962) et Happy Accidents (2000). Bonne écoute!

Ceci n’est pas un placement de produit

Lors d’un voyage en France au cours de la dernière décennie, celle des années 2000, j’ai jadis acheté une bouteille d’eau sur laquelle on avait écrit des arguments ventant l’ergonomie de la bouteille pour attirer le consommateur. C’est la première fois que j’ai réalisé concrètement que certains produits avaient des arguments de vente qui n’ont absolument rien à voir avec le produit en question. On s’entend que de l’eau, ça reste de l’eau, donc il fallait faire preuve d’imagination et, disons-le, d’un peu de ridicule pour trouver des arguments…

Parlant d’eau, au premier rang de ces produits dont les arguments de vente sont ridicules, un me fascine particulièrement : la mythique Coors Light. Après avoir passé des années à essayer de nous vendre une bière avec comme seul argument qu’elle était froide (faut quand même le faire), voici qu’on tente depuis un certain temps de nous convaincre de l’acheter parce qu’elle vient dans une canette ventilée qui facilite supposément le déversement du fluide en question.

Sincèrement, je trouvais déjà que l’argument de la « bière froide » (avec la canette qui change de couleur) était assez épais, mais je pensais pas qu’ils étaient capable de se battre eux-mêmes en terme de ridicule en nous présentant une canette avec deux trous.

Avez-vous déjà été en possession de cette fameuse canette ventilée? Moi, oui. Je précise que c’est pas moi qui l’avait achetée. Bref, c’est tellement de trouble d’ouvrir le fameux second orifice qui est sensé faciliter l’extraction du divin nectar qu’est cette bière légendaire, que je préfère encore attendre quatre secondes de plus le temps de la verser dans un verre… ou dans ma gorge.

Ce qui me fait penser que si on extrapole, cette fameuse tentative de verser la bière plus vite peut être directement interprétée comme une incitation à la surconsommation et à l’alcoolisme quand on pense à tous ceux qui déversent directement leur bière dans leur gosier! Un peu sous le même principe que le « un verre de lait c’est bien, mais deux c’est mieux ». D’ailleurs, j’en suis toujours pas revenu de celui-là. Méchant argument pour quelqu’un comme moi qui est intolérant au lactose…

Mais revenons-en à la Coors Light. Ce qui m’inquiète le plus dans tout ça, c’est qu’une fois la canette ventilée devenue passée date, il va bien falloir trouver un autre argument pour nous vendre ce fameux fluide pas de goût! Et j’ai vraiment peur de ce que les génies du marketing de Coors vont trouver pour leur prochaine campagne de pub.

C’est pourquoi je préfère encore les devancer et leur donner quelques suggestions d’innovations avec ces quelques idées inspirantes :

  • Faire de Coors Light la bière officielle des chauffeurs désignés. Ça goûte tellement rien pis y’a tellement pas d’alcool que tu peux te taper une 24 sans péter le 0.08! Tant qu’à boire de l’eau, boit quelque chose qui goûte comme de l’eau! Non, mais qui a dit qu’un chauffeur désigné pouvait pas avoir du fun en allant pisser aux dix minutes?
  • Créer la première canette en titane et faire de la Coors Light la première bière anti-balle! T’es dans un gang de rue? Bois de la Coors Light! Si tu te retrouves au milieu d’une fusillade, tu vas pouvoir te protéger avec ta bière!
  • Installer un dispositif d’empreinte digitale sur la canette pour que quelqu’un puisse pas te voler ta bière. Quand le pouce devient bleu, la canette s’ouvre automatiquement et tu peux la boire!
  • Faire des canettes « glow in the dark »!
  • Mettre des photos d’alcooliques disparus sur les canettes.
  • Faire une campagne conjointe avec Vision Mondiale et distribuer de la Coors Light dans les pays où ils ont pas d’eau.
  • Lancer une émission de télé qui s’appelle « Les recettes pas pompettes » où le monde font de la cuisine en buvant de la Coors Light!
  • Choisir Éric Lapointe comme porte-parole.
  • Ou encore mieux!!! Juste faire une bière qui goûte quelque chose…!

Voilà, c’est dit!