CECI N'EST PAS UN BLOGUE

Mois : février, 2015

Downtown Ste-Foy

Je suis de Québec et j’adore l’architecture et le design. Je vais donc m’octroyer le droit de commenter le projet d’édifice « Phare » à Ste-Foy.

Un proverbe dit : Des goûts et des couleurs, il ne faut pas discuter. Vrai! Sauf que,…

Sauf que voici…

Je ne suis vraiment pas en désaccord avec l’idée de développer Ste-Foy à l’approche des ponts et d’en faire le nouveau centre-ville. Quand on se promène dans le coin, le dédale de viaducs est aussi beau qu’une sculpture postmoderne faite par un aveugle. Présentement, le seul édifice qui ressort de la silhouette de la ville est un hôtel sur l’avenue Hochelaga et il n’a rien d’un chef-d’oeuvre d’architecture. C’est sans compter l’ancien hôtel-de-ville (qui porte aujourd’hui le nom de son ancienne mairesse) qui est probablement loin d’être un exemple enseigné dans les écoles de design, si ce n’est sous la rubrique Quoi ne pas faire?

Au-delà des laideurs existantes, le choix de design du « Phare » dépasse la simple idée de densifier Ste-Foy. Pensons à long terme. Pensons urbanisme. Pensons vision d’avenir. Pensons à ce qui s’ajoutera aux côtés du Phare. À supposer que Ste-Foy devienne vraiment le nouveau centre-ville, cet édifice n’est que le début. Il est donc de sa responsabilité non seulement de devenir la figure emblématique de cette porte d’entrée de la ville pour les années futures, mais surtout de dicter les règles de base d’une unité urbaine et architecturale qui devra unifier le développement du coin.

Et c’est là où ça devient un peu malaisant.

Le Phare a non seulement l’air d’un doigt avec un gros ongle (et j’ajouterais même d’un doigt d’honneur tout court quand on regarde l’ensemble du complexe d’un certain angle du côté Nord), mais j’ai mal à la simple idée d’imaginer Ste-Foy se développer avec des édifices du même style partout le long du boulevard Laurier. Ou pire encore, qu’il devienne unique en son genre au milieu d’autres gratte-ciels. Comme le dit si bien l’expression : Quand le doigt montre la Lune, l’idiot regarde le doigt!

Plus d’une décennie plus tard, on rit encore du Ameublement Tanguay dans le quartier Les Saules. (Pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, ça se passe par ici.) Peut-on par pitié s’éviter le même sort pour l’édifice dont la vue va nous confirmer qu’on approche des ponts? Et je vous épargne les blagues faciles sur le frigide « Complexe G », et celles sur le nouvel amphithéâtre dont les courbes ressemblent étrangement à celles d’un bassin utilisé dans les hôpitaux quand les patients alités ont besoin de faire un numéro deux. Le Château Frontenac doit commencer à se sentir bien seul!

Je vous laisse avec le lien vers un croquis que le caricaturiste du journal Le Soleil André-Philippe Côté publiait sur sa page Facebook ce matin!

Et n’oublions pas le grand perdant dans tout ça! Celui qui verra son rôle d’entrée dans la ville de Québec relégué au rang de second violon, et j’ai nommé : le Ashton de St-Nicolas…

L’hiver

J’ai pas d’anecdotes cette semaine. Pour avoir des anecdotes, il faut qu’il se passe quelque chose. Mais ici, c’est l’hiver. L’hiver long. Froid. Interminable. Blanc, surtout.

Février, c’est la traversée du désert. Un désert de glace qui fige le temps, les mouvements, déforme les perceptions et trouble la vision tel un blizzard. Qu’est-ce que je fais dans ce pays de merde déjà? Ah, oui c’est vrai. J’oubliais, je suis né ici.

Samedi dernier, c’est la dernière fois que je suis sorti. On annonçait de la neige pour le lendemain et mon frigo était pratiquement vide. Je suis donc sorti le temps d’aller à l’épicerie et de revenir, histoire de mettre un peu de sport extrême dans ma vie et de naviguer entre les plaques de glaces. Je suis revenu brûlé. Exténué par le simple fait d’aller faire l’épicerie. J’ai fait une sieste. Parce que je venais de faire l’épicerie.

C’est ça l’hiver.

Et dimanche, il a neigé. J’ai regardé les flocons tomber au travers de ma fenêtre et j’ai compté les jours jusqu’à mars. Puis, jusqu’à avril…

Bon, quand est-ce que je sors la prochaine fois? Dans une semaine? J’ai de la bouffe pour combien de jours? C’est quoi la météo cette semaine? Beurk, -25 vendredi, 5 cm de neige samedi.

C’est l’hiver.

Ha, tiens, j’en ai une anecdote qui me revient! Hiver 2009. C’était un peu comme aujourd’hui, sauf que j’habitais dans une résidence universitaire de l’UQÀM qui était à peine assez grande pour que je puisses me retourner sur moi-même avec ma chaise roulante. C’était mal isolé. Autant d’un point du vue sonore que chauffant.

C’était l’hiver. Je venais de passer au-dessus d’une semaine sans sortir. Enfermé, seul, à respirer l’air de mon petit cube de survie. J’ai explosé. Je suis sorti par orgueil. Pas parce que j’avais besoin de sortir, mais parce que j’étais écoeuré que l’hiver me dicte comment je devais vivre. Je savais très bien que ce ne serait pas bien déneigé.

L’hiver, sur le sens unique qu’est la rue Sanguinet, c’était plus sécuritaire de rouler directement dans la rue à contre-sens des autos qui pouvaient arriver à tout moment que sur le trottoir. C’est ça l’hiver!

Je suis allé au Archambault pour m’acheter un CD. Je n’en avais pas besoin. Ça ne pressait surtout pas. Mai ce n’était pas l’hiver qui allait me dicter quand j’avais envie d’écouter de la musique!

Aujourd’hui, c’est encore l’hiver. Je me dis que je pourrais prendre le temps d’écrire sur mon blogue. Ça passerait le temps! Mais j’ai pas d’anecdote. Parce que pour avoir une anecdote, il faut qu’il se passe quelque chose. Et là, il se passe pas grand chose. C’est encore l’hiver.

Mon programme politique pour le Plateau

Dans la liste des choses avec qui j’ai une relation amour / haine, on retrouve les produits laitiers, Star Wars, les postérieurs des gens (étant donné que je me promène toujours à leur hauteur en chaise roulante), et mon quartier : le Plateau.

Mais bon, puisque le nouveau chef du Parti Rhinocéros du Canada est un de mes amis du secondaire, je me suis dit que je pourrais peut-être monter un programme électoral digne de ce nom en cas que. Vous me direz si ça a du sens!

Ce que je propose pour mon quartier?

  • Installer des pancartes indiquant : « Attention à nos hipsters, c’est peut-être le vôtre! »
  • Arrêter le déneigement l’hiver et le remplacer par un service de Bixi en Ski-Doo nommé Bixidoo.
  • Créer un cul-de-sac en séparant les avenues Mont-Royal et Frontenac et installer une pancarte qui dit : « Mont-Cul-De-Sac-Royal ».
  • Renommer tous les sens uniques du quartier avec le même nom. Les rues s’appelleront toutes « Luc-Ferrandez ». (Ce sera beaucoup plus simple de dire à votre taxi que vous allez au coin de Luc-Ferrandez et Luc-Ferrandez.)
  • Les commerces inaccessibles aux personnes à mobilité réduites étant largement majoritaires, cette majorité l’emporte, donc nous forcerons tous les commerces accessibles à ajouter une marche à leur entrée.
  • Augmenter le quota du nombre de centres de yoga de 4 à 7 par distance de 25 mètres.
  • Changer les parcomètres pour des parcocentimètres.
  • Engager des figurants pour faire la file devant le restaurant L’Avenue pendant les heures de fermeture pour que ça ait l’air plein 24h sur 24.
  • Mettre un hôtel de ville sur la rue Hôtel-de-Ville, une grosse roche sur la rue de la Roche, un St-Hubert sur la rue St-Hubert et déménager l’oratoire St-Joseph au coin de St-Joseph et St-André.
  • Installer des toilettes chimiques devant la Binerie Mont-Royal.
  • Créer un centre communautaire pour les juives hassidiques lesbiennes du Mile-End.
  • Enlever toutes les pancartes d’heures de stationnement et les remplacer par la formule suivante : quand vous vous stationnez devant un endroit, regardez l’adresse. Puis, additionnez les deux premiers chiffres et les deux derniers chiffres. Cela va vous donner les heures auxquelles vous avez le droit de vous stationner la semaine. Pour la fin de semaine, soustrayez ces chiffres du nombre de pas qui vous séparent du centre de yoga le plus proche. En cas de doute entre deux centres, choisissez toujours le centre de yoga le plus au sud. Pour connaître les horaires lors des jours de pleine lune, multipliez le nombre de lettres dans le nom de la rue par la quantités de trottoirs fermés dans les 50 mètres, ce qui va vous donner le nombre de minutes par heure où vous pouvez vous stationner lorsque le vent vient de l’est. Lorsque le vent vient de l’ouest, comptez le nombre de terrasses qui débordent sur la rue dans les 100 mètres et ajoutez 51,5. Si la température dépasse 25 degrés Celsius ou descend sous les -10, comptez les tweets de Denis Coderre dans les dernières 72 heures et divisez les par le nombre de cyclistes que vous seriez capable de frapper en ouvrant votre portière dans les huit prochaines secondes.

Voilà! Tout serait tellement plus simple ça! Vous avez d’autres idées? Laissez un commentaire ci-dessous!