Malédictions!

par mcordey

Ceux qui lisent régulièrement ce blogue savent pertinemment que je n’exagère jamais. Je me permets une trêve de plaisanteries ici (ou pas) afin de vous parler d’un sujet extrêmement sérieux (ou pas) qui a fait grimper l’empathie en moi à des sommets inatteignables (ou pas).

D’abord, petite mise en contexte. Je fais souvent des blagues avec le fait qu’il nous arrive régulièrement (moi et ma chaise roulante) de rencontrer des génies de l’école nationale de l’humour qui ont la brillante idée de lancer spontanément avec une voix de mononc’ cochon l’hilarante (not) phrase : « Roule pas trop vite, tu vas pogner un ticket! »! D’ailleurs, mon record personnel en la matière est de trois fois en l’espace d’une minute sur l’avenue Mont-Royal, mais ça c’est une autre histoire. À noter aussi la variante hivernale qui est tout aussi nullement désopilante : « As-tu mis tes pneus d’hiver? »

Même si mes excès de politesse me font généralement répondre : « Haha, c’est la première fois que je l’entends…….. aujourd’hui! », la vérité, c’est que c’est plutôt un « Aaah, ta yeule » qui me traverse l’esprit à chaque fois. Et je vis avec cette malédiction depuis plus de deux décennies…

Mais récemment, je me suis rendu compte qu’il existait un groupe de la population qui était beaucoup plus assujetti que moi à être victime d’allusions plates sur une base quotidienne. Au point de réaliser que ma situation est loin d’être si pire que ça finalement.

Ce groupe, ce sont les filles qui s’appellent Roxanne. Mesdames et mesdemoiselles, j’ai mal pour vous. Je n’ose même pas imaginer la quantité de fois par jour dont vous devez être victimes de références (plates) à la toune de The Police dont la seule réelle qualité est de rester pognée dans la tête des gens (on va se dire les vraies affaires). Ça doit être aussi insupportable que la toune elle-même.

Chers futurs parents, rendez service à votre fille et ne l’appelez surtout pas Roxanne. Elle ne vous en remerciera peut-être jamais, mais si vous faites l’inverse, son nom deviendra une malédiction qui la transformera en victime d’allusions plates pour le restant de ses jours.

Messieurs, j’ai aussi un conseil pour vous. La prochaine fois que vous voulez aborder une Roxanne dans un bar, récitez-lui donc un extrait de Cyrano de Bergerac (sauf si vous êtes à Laval) au lieu d’essayer en vain d’atteindre des notes que vous n’arriverez jamais à chanter sur un ton juste sans vous squeezer les testicules dans un presse-citron.

Et à toutes les chères Roxanne de ce monde, je partage votre souffrance et je suis de tout coeur avec vous. Le seul réel conseil que je peux vous donner pour survivre dans ce monde cruel, c’est de faire changer votre nom pour Eleonore Rigby. Ça devrait régler votre problème, sauf si vous tombez sur un violoncelliste.

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