Histoires de taxis

par mcordey

On a tous une histoire de taxi. Moi, j’en ai à peu près 18 000…

Vrai, je prends beaucoup de taxis l’hiver, donc ça contribue certainement à augmenter le risque d’anecdotes savoureuses. D’ailleurs, ça faisait un bon bout de temps que je voulais vous en raconter quelques unes. Et c’est celui que j’ai pris ce matin qui m’a finalement décidé à prendre un peu de temps pour vous raconter ça.

Quand j’appelle un taxi (et j’appelle toujours la même compagnie), j’en demande un qui peut prendre une chaise roulante qui se plie. Ça diminue généralement assez bien le risque de tomber sur quelqu’un qui m’amène les morceaux un par un pour que je remonte ma chaise moi-même (oui, ça s’est déjà produit).

L’affaire, c’est qu’il m’arrive quand même assez régulièrement d’avoir l’impression que le chauffeur me prend pour un cave, ou du moins, qu’il pense que je prends pas des taxis souvent.

Avant de rentrer plus en détails dans ma « ride » de ce matin, voici un petit éventail des types de chauffeurs sur lesquels je suis déjà tombé. Par où commencer?

Dans les vrais champions, on retrouve d’abord celui qui a fait un accident et qui a laissé le compteur tourner le temps d’aller voir les dégâts. Ciao bye ton tip, maestro!

Il y aussi le chauffeur qui laisse le compteur tourner le temps de remonter ma chaise roulante et qui semble avoir ben ben ben de la misère à remettre trois morceaux ensemble. J’ai trouvé un truc pour éviter ça. Vous allez le découvrir un peu plus loin.

Trêve de sarcasme, il y en a aussi des excellents. Comme celui avec une mémoire phénoménale qui se souvenait non seulement de m’avoir pris cinq mois plus tôt, mais qui était capable de dire où il m’avait pris et où il m’avait amené :

– Je me souviens, je vous ai pris sur la rue Molson au mois d’août.

– Oui, c’est ma soeur qui habitait là!

– Et je vous ai amené sur De Gaspé, c’est bien ça?

– Oui, j’avais une entrevue pour une job.

– Et puis?

– Je l’ai eue! Je suis redéménagé à Montréal à cause de ça! Et c’est à cause de cette job-là que je suis dans votre taxi aujourd’hui!

Le chauffeur à l’aéroport de Pékin qui parlait évidemment pas un mot d’anglais et à qui j’ai remis un courriel reçu en mandarin qui disait où il devait m’amener. Après 40 minutes dans le char, je vous avoue que j’ai commencé à me poser des questions à savoir si j’allais pas finir haché dans des croquettes de poulets chez McDo. Finalement rendu à destination, ce même chauffeur a aussi cru que mon billet de 100 yuans échangé à l’aéroport de Québec était un faux.

J’ai aussi déjà croisé le chauffeur qui se fait appeler « John l’Albanais » et qui a réussi (entre le centre Bell et le Plateau) à ramener la conversation au fait que les gens sur les fermes aiment bien avoir des relations sexuelles avec des chèvres.

Et j’en passe…

…et celui de ce matin!

J’ai tout de suite su que ça allait être une mauvaise expérience quand je l’ai vu partir le compteur avant que je monte dans l’auto. Devinez quoi? Il a eu beaucoup de misère à rentrer ma chaise… dans sa mini-van!

Encore une fois, ciao bye ton tip, Einstein! Tu penses que je prends jamais de taxis? Strike one!

Il commence à prendre des petites rues.

– C’est pour éviter le trafic, qu’il ajoute.

– J’espère ben mon ost*, que j’ai pensé…

– Je dois vous donner un bon service, comme ça vous allez me rappeler!

– Après que t’ailles parti le « meter » avant de rentrer dans le char, que j’ai pensé? T’es-tu malade!

Après quoi, il est évidemment allé se domper dans le stationnement qu’était la rue Sherbrooke à cette heure matinale parce que c’était de toute évidence l’unique chemin pour se rendre à destination.

Strike two!

Rendu à destination, j’ai sorti mon truc pour qu’il ne me refasse pas le coup du compteur. Dès que l’auto s’arrête, je dis : « est-ce que je peux avoir un reçu pour X SVP? » Même quand j’ai pas besoin de reçu, je le fais quand même. Comme ça, si le chauffeur m’a pris pour un cave, au moins il sait qu’il aura pas une cenne de plus peu importe ce qu’il fait à partir de ce moment-là.

C’est là que je me suis redu compte que j’étais vraiment tombé sur un génie. Il m’a donné un reçu blanc en me disant : « Tiens, tu le rempliras toi-même! »

Ben coudonc… Merci ben Einstein!

Et vous, c’est quoi votre histoire de taxi?

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