Ceci n’est pas un combat

par mcordey

Hier, j’ai entendu une expression qu’on entend souvent et qui me fait froncer les sourcils : « il a gagné son combat contre la maladie ». Gagner ou perdre, ce sont des mots aux conséquences bien différentes, mais ils sont secondaires dans ce cas-ci. C’est le mot « combat » qui m’agace.

Pour moi, un combat, c’est synonyme de consentement mutuel. Je suis peut-être influencé par la boxe ou par les règles au hockey, mais il me semble qu’un « combat » sous-entend une forme d’accord entre les parties. Une attaque, ce serait autre chose. Un attentat, encore bien différent. Mais un combat? Vraiment? Non, je ne crois pas…

Quand on dit d’une personne qu’elle gagne son combat contre la maladie, c’est doublement injuste pour les personnes qui perdent leur combat contre la maladie. D’abord parce qu’elles n’ont jamais consenties à ce combat, et surtout parce qu’on implique qu’elles sont moins fortes, moins battantes, moins « tough » que celles qui ont gagnées leur combat. La capacité de se battre n’a rien à voir la sournoiserie d’un coup bas imposé par la vie.

La maladie, c’est une mouette qui te chie sur la tête. Tu ne la demandes pas, tu ne la souhaites pas, et le mieux que tu puisses faire, c’est « dealer » avec. Certains reçoivent une petite chiure de mouette de rien du tout, et d’autres reçoivent l’ensemble des chiures des mouettes d’une ville entière en un instant. C’est injuste, on n’a pas son mot à dire, et on réagit comme on peut.

Contrairement à un combat, on n’a rien à gagner en se faisant chier dessus par une mouette. Au mieux, on récupère son bien. Parce que la maladie est un vol à effraction d’une partie de soi qui n’est pas assurable : sa propre vie.

C’est pareil pour « l’acceptation ». Quand j’entends des gens dire qu’ils ont « accepté » la maladie, je n’y crois pas. On n’accepte pas de s’être fait chier dessus par une mouette. Encore une fois, on « deal » avec. On pleure, on crie, on cherche à l’aide, on s’essuie, on se nettoie, on en ressort parfois avec des séquelles, mais la vie continue. Et surtout, quand on s’en sort, on espère ne pas croiser d’autres mouettes…

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