Prendre l’avion

par mcordey

On ne peut pas dire que c’est une très bonne année pour l’aviation civile. Trois incidents rapprochés, dont deux impliquant une même compagnie aérienne. Pourtant, l’avion reste le moyen de transport le plus sécuritaire au monde. À chaque deux secondes, un avion décolle quelque part. 

Plus tard, quand je serai riche (mettons), j’aimerais bien passer ma licence de pilote. C’est un rêve que j’ai depuis très longtemps. J’adore les jeux du genre « Flight Simulator », et quand je m’ennuie un peu, je vais voler avec le simulateur intégré dans Google Earth. Vous ne saviez pas que ça existait? Eh oui, on peut piloter avec les fonctions de base un Cessna ou un F16.

C’est certain que sur papier, le concept d’un avion n’a rien de bien rassurant : se promener dans une boîte de métal qui avance à 800 km/h à 35 000 pieds d’altitude. Et comme si ce n’était pas assez pour alimenter la peur de ceux qui craignent de prendre l’avion, on ne relate évidemment que les accidents dans les médias. On ne parle jamais des milliers d’avions qui se posent sans problème chaque jour. 

Relativisons un peu. À bien des égards, il semble beaucoup plus dangereux de faire Montréal – Québec sur l’autoroute 20 que de prendre l’avion. Parce que l’avion, au moins, il vole sur le pilote automatique. Sur la route, on est à la fois responsable de sa propre vie et de la vie des autres. Personne n’a le contrôle sur ce que les conducteurs font autour dans les autres voitures. À l’inverse, vous ne verrez jamais un avion dépasser la limite de vitesse dans la voie de gauche pour vous couper à trois mètres du museau, ou encore mettre les freins à la dernière seconde pour éviter un chevreuil qui a décidé de traverser le ciel. Les compagnies qui construisent les avions peuvent être tenues responsables en cas d’incident, donc les appareils livrés sont toujours impeccables. Lors d’un accident de voiture, on ne blâmera jamais le fait que le conducteur conduisait un modèle Ford Escort. 

J’ai un ami qui est pilote de ligne. Il y a quelques années de cela, avant qu’il ne soit engagé par Air Canada, il nous a invités moi, ma soeur, et un autre de nos amis à faire un tour de Cessna au-dessus de la ville de Québec. Le vol s’est passé comme sur des roulettes même si nous sommes rentrés un peu plus vite que prévu parce que je commençais à avoir mal au coeur. 

Le lendemain, en regardant les nouvelles, on annonçait qu’un petit appareil s’était écrasé sur l’autoroute de la Capitale. Le jeune pilote s’en était sorti légèrement blessé avec des fractures aux poignets. J’ai tout de suite reconnu la séquence de chiffres et de lettres qui identifiait l’avion transformé en accordéon de tôle sous la force de l’impact. C’était le même que nous avions pris la veille. Angoisse. Panique. L’avions-nous échappée belle?

L’enquête prouva que non. Après notre atterrissage, l’avion était reparti en direction de Rivière-du-Loup avec un autre pilote à son bord. Le lendemain, avant de revenir vers Québec, il n’a pas fait plein de carburant. Ajoutez à cela une météo orageuse et vous aviez le cocktail parfait pour une panne sèche et un atterrissage d’urgence sur l’autoroute. Une crampe au cerveau vous dites? Quelques chose du genre on dirait…

Ce que je retiens de mes nombreux vols dans « Flight Simulator », c’est que si je suis capable de faire atterrir un Airbus, n’importe qui peut faire atterrir un Airbus. Évidemment, ce n’est pas un simulateur professionnel, mais les principes de base restent les mêmes. D’ailleurs, tous les pilotes vous le diront, faire atterrir un avion, ce n’est rien de vraiment compliqué. Ce qu’ils pratiquent pendant des années, ce sont les situations d’urgence qui peuvent se produire en cours de vol. 

Tout ça pour dire que malgré tout ce qu’on entend dans les nouvelles ces jours-ci, j’ai hâte de reprendre l’avion! Je me sens toujours comme un gamin qui s’envole pour la première fois…

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